Editorial MAI 2015

par Paroisse Bougival  -  #archives

Tout à fait entre nous ...

… je ne m’attendais pas vraiment à vous écrire maintenant ces quelques lignes. Je les réservais plutôt pour l’an prochain, selon ce qui était envisagé. Et puis voilà : ce qui était acquis en février, à savoir rester encore un an parmi vous à Bougival, ne l’était plus en mars. Grand fut mon étonnement, tout autant que le vôtre. Il m’a bien fallu un peu de temps pour accueillir paisiblement cette nouvelle : après 9 ans parmi vous, je serai Curé de Croissy sur Seine le 1er septembre. On aurait pu s’amuser de traverser ainsi la Seine… Mais, tout juste rentré de Terre Sainte, le fait d’entendre « passons sur l’autre rive » prenait une toute autre dimension. C’est dans l’Evangile de Marc (4, 35-41) que Jésus parle ainsi à ses disciples. Après un long temps en Galilée, il les invite à gagner une autre terre. Ce sera alors cet épisode de la tempête sur le lac de Tibériade, la peur des disciples et leurs reproches à Jésus, puis la ferme intervention de celui-ci sur les éléments déchainés et sa question aux Apôtres : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »  C’est tout le sens de la vie chrétienne et des évènements qui la traversent qui se trouve là. Alors que nous semblons installés et mener une vie paisible et fructueuse, le Seigneur surgit et appelle, nous saisit, nous embarque avec lui, simplement parce qu’il a décidé de quitter une terre connue et d’aller voir ce qu’il y a de l’autre côté. C’est ainsi que je vis cette nouvelle mission. Avec toute ma foi, je décide de faire confiance à Celui et à ceux qui m’appellent à rejoindre une autre terre et un autre peuple, aussi proches soient-ils. Je le fais sans crainte et avec joie. Mais non sans regrets. Vous m’avez souvent entendu parler de notre famille paroissiale pour qualifier ce que nous tachions de vivre ensemble depuis tant d’années. J’en étais le pasteur, le curé, l’abbé, le padre, ...le père, donc. C’était ma joie et ma raison de vivre que de vous servir en servant Dieu. Je quitte une famille : tout est dit. Nous nous dirons joyeusement au-revoir les 27 et 28 juin prochain. « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté. Que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job 1, 21).                    

Père Guillaume BOIDOT +