Prier à la manière de Sainte Thérèse d’Avila

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Prier à la manière de Sainte Thérèse d’Avila

Prier à la manière de Sainte Thérèse d’Avila
                                                Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes 

Évoquer la prière, c’est dire quelque chose sur l’amour. Car comment prier sans le faire gratuitement ?

Si tu t’interroges sur ta prière, on pourrait te demander: dis-moi quel est ton amour, je te dirai quelle est ta prière ! C’est bien ainsi que l’envisage Ste Thérèse d’Avila.

"Je vais parler maintenant de ceux qui commencent à être les serviteurs de l’amour, car il me semble que nous ne sommes pas autre chose, lorsque nous nous déterminons à suivre par ce chemin de l’oraison Celui qui nous a tant aimés." (Vie XI)

 

 L’oraison est ce temps de prière silencieuse, ce cœur à cœur avec Dieu. Pour Thérèse, "elle n’est, à mon avis, qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé". (Vie VIII)

Ta prière est d’abord un échange d’amitié avec le Christ : "Nous pouvons par la pensée nous mettre en présence du Christ, nous embraser peu à peu du plus grand amour pour sa Sainte Humanité, lui tenir toujours compagnie, lui parler, lui recommander nos besoins, nous plaindre à lui dans nos peines, nous réjouir avec lui dans les consolations, nous garder de l’oubli dans la prospérité." (Vie XII) Aussi, pour Thérèse, la prière consiste essentiellement à "tenir compagnie" au Christ.

 

Comment commencer ? En se mettant en présence du Christ. Le connais-tu ? As-tu lu sa vie dans l’Évangile ? T’es-tu arrêté à certaines de ses attitudes ? Et ses paroles ont-elles retenu ton attention ? Préalable que beaucoup oublient, croyant que la prière consiste en des sentiments pour Dieu. "Nous pouvons, écrit Thérèse, par la pensée nous mettre en présence du Christ." Cela exige un rude effort, car il s’agit de passer de l’extériorité à l’intériorité. Sollicités par tant de choses, nous sommes tirés à l’extérieur ! Le Christ nous attend à l’intérieur, au cœur : "Il parle au cœur quand c’est le cœur qui le prie."

Écoute ces remarques de Thérèse : "Les âmes qui commencent à s’adonner à l’oraison, sont celles qui tirent péniblement de l’eau du puits. Elles se fatiguent, en effet, pour recueillir leurs sens habitués à se répandre au-dehors ; c’est là un très grand travail." (Vie XI)

Thérèse insiste: "Leur devoir est de s’appliquer à méditer la vie de Jésus-Christ." (Vie XI) "Représentez-vous ce Seigneur Jésus auprès de vous (...) Croyez-moi, ne négligez rien pour n’être jamais sans un ami si fidèle. Si vous vous habituez à le considérer près de vous, s’il voit que vous faites cela avec amour et que vous vous appliquez à lui plaire, vous ne pourrez plus, comme on dit, vous en débarrasser." (Chemin de la perfection XXVIII)

Elle parle d’expérience : "Pour moi, j’ai toujours beaucoup aimé les paroles de l’Évangile, qui m’ont toujours plus recueillie que les livres les mieux faits."

Peu à peu, ton recueillement deviendra facile : "Dès que l’âme se mettra à prier; elle verra ses sens se recueillir, comme les abeilles qui retournent à leur ruche et y rentrent pour faire du miel." (Chemin de la perfection XXX) Tu deviendras alors plus intérieur, tu percevras quelle richesse tu portes en toi.

Ta prière se simplifiera : "Qu’ils se tiennent donc, ainsi que je l’ai dit, en présence de Notre Seigneur, sans fatiguer leur entendement ; qu’ils lui parlent et mettent leur joie à se trouver avec lui." (Vie XIll) Car voilà la vraie prière : "demeurer près du Sauveur". (Vie XIII) Écoute ce conseil de Thérèse: "Je ne vous demande pas en ce moment de fixer votre pensée sur lui, ni de faire de nombreux raisonnements, ou de hautes et savantes considérations. Je ne vous demande qu’une chose : le regarder." (Chemin de la perfection XXVIII)

Passer du temps avec lui est un trésor sans prix. Car le Christ est vivant et instruit celui qui le prie ; il le transforme et lui donne son amour. Ta prière devient "une étincelle de son véritable amour que le Seigneur commence à allumer dans l’âme (...).Ce recueillement et cette petite étincelle sont l’effet de l’Esprit de Dieu." Thérèse ajoute : "Par cette étincelle, Dieu donne à l’âme un signe, un gage qu’il la choisit désormais pour de grandes œuvres, si elle se prépare à le recevoir. C’est là un don immense et bien supérieur à tout ce que je pourrais en dire." (Vie XV)

Aussi Thérèse reconnaît "l’immense faveur que Dieu accorde à une âme, quand il l’incline à s’adonner généreusement à l’oraison." (Vie VIII) Et elle précise : "Malgré les fautes où tombe celui qui débute dans la voie de l’oraison, il ne doit jamais l’abandonner. L’oraison est le moyen qui lui servira à se relever." (Vie VIII)

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