Saint Luc

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Saint Luc

Saint Luc

Pour cette année liturgique (année dite C), c’est à travers l’Evangile selon saint Luc que nous approfondirons notre connaissance et donc amour de notre Seigneur.

Voici une brève présentation faite par l’abbaye de champagne

REVE RADIOSCOPIE DE SAINT LUC  

1er trait : évangéliste sérieux et bien renseigné, saint Luc se présente à nous comme celui qui a vécu les débuts de l’église. Il a donc connu le lancement de l’église, ces heures toutes neuves des commencements. Luc est tout proche des faits qu’il raconte, des personnes qu’il présente, des paroles qu’il rapporte. C’est un témoin, un témoin bien placé et sur lequel nous pouvons prendre appui. Et quand nous savons, comme il le dit lui-même au début de son œuvre, le sérieux qu’il a mis pour rassembler tous les souvenirs sur le Christ : « Il m’a paru bon à moi aussi, nous dit-il, après m’être informé de tout, à partir des origines, d’écrire un récit ordonné, afin que vous puissiez constater la solidité des enseignements que vous avez reçus ». (Lc 1, 2-4) Donc, quand nous savons le sérieux avec lequel Luc a écrit, alors oui ! nous pouvons dire que notre foi repose sur des fondements qui tiennent.

2ème trait : Un païen converti, ouvert aux païens. Luc, nous le savons par la tradition qui nous paraît très ferme, est non seulement l’évangéliste proche des événements racontés, mais il est aussi un païen converti. Originaire de Syrie, d’Antioche, cette grande ville où se côtoyaient tous les peuples d’Orient, et où les disciples du Christ ont reçu pour la première fois le beau nom de Chrétien, il est le seul évangéliste à ne pas être juif : c’est important ! Il ne sera pas enfermé, ni gêné par le carcan d’un certain judaïsme. Il verra grand et large. Dans son évangile, on respire l’air de l’universel.

3ème trait : Luc est aussi médecin. La tradition n’a jamais mis de doute sur ce point, et Paul, l’apôtre, l’a toujours présenté ainsi. Dans une lettre aux Chrétiens de Colosses, Paul a soin de terminer par ces mots familiers : « Vous avez les salutations de Luc, le cher médecin » (Col 4, 14).

  a)   Du médecin, il possède la culture. Il sait écrire. Son évangile, sur le plan littéraire, est de beaucoup le meilleur. Luc a le souci de la composition, qu’on ne peut nier. Il sait que son évangile va être lu par les grands de son époque, par les hauts-placés de ce monde gréco-romain, auxquels il appartient lui-même. à cet habillage plein de finesse, beaucoup seront sensibles. Ce sera un tremplin très précieux pour les conduire plus loin.

  b) Du médecin, non seulement il a la culture, mais il a aussi l’esprit d’observation, ce qui lui permet de porter un diagnostic sérieux sur les événements et les personnes, un diagnostic qui va aider ses lecteurs à mieux comprendre et à avoir plus de lumière, surtout sur le Christ.

  c) Du médecin, il a, enfin, cette attention extraordinaire à toutes les misères humaines, qu’elles soient physiques ou morales. De son métier, il est fait pour guérir. Voilà pourquoi il met en grosses lettres, pour ainsi dire, tous les gestes et paroles du Christ, où celui-ci fait transparaître toute sa sensibilité d’homme pour la souffrance humaine. à Naïm, devant une veuve qui va enterrer son enfant unique, Jésus est « tout chaviré de pitié » (7, 13), nous dit Luc. Devant une femme complètement courbée, Jésus ne peut se retenir. Il la redresse, car il défend la vie à tout prix (13, 10-13). Partout, « Jésus est pris aux entrailles ».

L’évangile de Luc, médecin, est un hymne exceptionnel à la vie ; c’est  l’évangile qui fait émerger toutes les énergies vitales contenues dans l’homme, mais qui viennent de Dieu lui-même.

4ème trait : Luc nous est connu, enfin, comme le compagnon fidèle de l’apôtre Paul. C’est son confident. Peut-être même était-il son médecin personnel ! Quoi qu’il en soit, à la fin d’une de ses lettres à son disciple Timothée, Paul écrit ces mots qui en disent long sur les liens qui unissaient l’apôtre et l’évangéliste : « Seul Luc est avec moi » (2 Tm 4, 11).

Luc est, en effet, le fidèle compagnon de l’Apôtre et cela jusqu’au bout. On comprend que Paul ait marqué profondément l’évangile de Luc. Paul, l’apôtre des ‘gens du dehors’. Paul, l’apôtre des païens et non des initiés à la religion juive du temps, va lui donner cette ouverture au monde, que pas un autre évangéliste aura comme lui. Paul est réellement ‘l’illuminateur’ comme on l’a écrit au IIè siècle. Par contre, et en retour, l’évangéliste Luc est, lui aussi, lumière sur Paul. Il en est l’historien, avisé et unique, dans le livre des « Actes des Apôtres », le second tome de son œuvre, qui fait suite aux évangiles. 

 

QUELQUES grandes routes maîtresses dans son œuvre.

1/ La route de la bienveillance et de la miséricorde du Christ.

Quelques faits soulignant bien cet aspect du visage de Jésus chez Luc :

a) Les trois grandes paraboles de la miséricorde sans limite (chap. 15). Elles ont été groupées par l’évangéliste pour former un faisceau de lumière plus fort, plus intense :

  • la parabole de la brebis perdue : une seule brebis a un prix infini aux yeux du Christ ;
  • la parabole de la drachme : une drachme (c’est-à-dire un rien, un centime) a grande valeur pour Jésus... le moindre être humain est ‘recherché’ par le Christ ;
  • la parabole de l’enfant prodigue qui souligne un amour « sans mesure ». Le Père ne sait que faire pour son fils : « Il courut, il se jeta à son cou, il le couvrit de baisers, il fait préparer un grand repas » (15, 20-32). Il y a grande fête dans le cœur de Dieu.

Les trois paraboles de la miséricorde deviennent trois paraboles de la joie, une joie croissante :

joie de retrouver une brebis (une sur cent) ;

joie de retrouver le nécessaire pour une drachme (une sur dix) ;

joie de retrouver un fils perdu (un sur deux) ;
 
b)  Les gestes de pardon, miséricorde de Jésus : la pécheresse pardonnée (7, 36-50) ; Zachée (19, 1-10) ; le bon larron (23, 39-43) ; les bourreaux du Christ (23, 34) ; C’est l’évangile des « grands pardons ».
 
c)   Les gestes d’attention à toutes les misères humaines : ¨    envers les publicains (voleurs) : « Il mangeait avec les publicains » (15, 2) ¨    envers les femmes perdues : la pécheresse (7, 36-44) ; Marie-Madeleine (8, 2) ¨    envers les Samaritains détestés de tous (cf. Si 50, 25-26) : parabole du bon Samaritain (10, 29-37).

 

Un mot très ‘lucanien’ résume bien cette miséricorde : « le Christ est sauveur », « Il vous est né un sauveur » (quinze fois dans saint Luc). Sauveur : un trait caractéristique de la carte d’identité de Jésus d’après saint Luc.

2/ La route de l’essentiel.

  L’essentiel, c’est le Christ tout livré à son Père et aux hommes. Le mot ‘livré’ est de saint Paul, maître de Luc, « il s’est livré pour moi » (Ga 2, 20), mais le troisième évangéliste va sans arrêt mettre en relief cette ‘livraison’ du Christ, ce renoncement à l’accessoire, cette recherche de ce qui est important. Il va l’exprimer par le mot « haïr » (14, 26), et par un autre mot très suggestif : « prendre sa croix » (14, 27).

Luc est très concentré sur le détachement vis-à-vis de tout et surtout les richesses. Ce radicalisme est un des points lumineux de son œuvre, une des clefs de son évangile. Cette préférence est bien soulignée par ces mots évangéliques : « quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple » (14, 33).

Suite dans la prochaine feuille !!!

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