Les grandes antiennes “O”

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Les grandes antiennes “O”

Parmi les trésors de l’Eglise, 7 antiennes [1] ornent la fin du temps de l’Avent. Leur caractère tout à fait exceptionnel mérite que tous les fidèles qui veulent se préparer au grand mystère puissent en profiter !

C’est pourquoi, elles  sont mises en valeur lors du chant des vêpres et entre les Alléluia avant l’Evangile.

Ces antiennes du répertoire de chant grégorien commencent toutes par l'interjection “O” et on les appelle « grandes » en raison de leur solennité et des sublimes mystères qu'elles expriment. D’où l’appellation « antiennes grandes O »

Ces invocations datent, pour le moins, du VIème siècle, et sont connues comme chantées solennellement du temps de Charlemagne !

Le célèbre restaurateur de la vie bénédictine à Solesmes (France), Dom Guéranger, disait que ces antiennes «contiennent toute la moelle de la liturgie de l'Avent».

Elles sont toutes bâties de la même manière et on y retrouve deux parties faciles à distinguer.

La première est tirée de la sainte Écriture, non pas toujours textuellement, mais en des termes qui en font bien reconnaître l'origine : O Sagesse (Ecclésiastique, XXIV & Sag., VIII) ; O Adonaï et Chef de la maison d'Israël (cf.Exode III, 14; VI, 3 & Deut. XXXII, 12) ; O Rejeton de Jessé (Isaïe XI, 1) ; O Clef de la maison de David (Isaïe, XXII, 22) ; O Orient (Luc, I, 78) ; O Roi des nations (cf. Ps.CI, 23); O Emmanuel (Isaïe VII, 14).

Dans la seconde partie, on répète, comme dans une litanie, le même appel : « Veni : venez », suivi d'une invocation qui varie avec chaque strophe et produit une sorte de développement du titre donné au Messie en début de phrase. La mélodie sur laquelle elles sont chantées possède en outre un caractère d'ardente supplication.

 

Une « surprise » attend celui qui aura chanté ces 7 antiennes ! En effet, en reprenant à partir de la dernière la lettre initiale du titre donné en latin au Messie par chacune de ces antiennes, nous pouvons former ces mots : « Ero cras »: ce qui signifie en latin : demain je serai (sous entendu: parmi vous) ! Ce sera Noël !

Ce “jeu” littéraire n'empêche pas un certain ordre logique, une véritable progression, dans la suite de ces pièces remarquables : la naissance éternelle du Verbe est d'abord proclamée, puis sont évoqués ses liens avec le peuple élu, et enfin ses droits sur toutes les nations.

[1] Une antienne (du grec antiphonê, signifiant "qui répond à") est le refrain, souvent bref et de préférence chanté, avant et après un psaume (ou plus rarement, entre les strophes d'un hymne). Musicalement, l'antienne est l'ancêtre du refrain.

“elles sont un magnifique portail que l’Église nous ouvre: nous restons sur le parvis, mais de là, nous pouvons déjà contempler la splendeur du mystère de la nativité »

Les grandes antiennes “O”

17 décembre

O Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui enveloppez toutes choses d'un pôle à l'autre et les disposez avec force et douceur, venez nous enseignez le chemin de la prudence.

 

18 décembre

O Adonaï, guide du peuple d'Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver.

 

19 décembre

O Fils de la race de Jessé, signe dressé devant les peuples, vous devant qui les souverains resteront silencieux, vous que les peuples appelleront au secours, délivrez-nous, venez, ne tardez plus !

 

20 décembre

O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d'Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort.

 

21 décembre

O Orient, splendeur de la Lumière éternelle, Soleil de justice, venez, illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et la nuit de la mort.

 

22 décembre

O Roi des nations, objet de leur désir, clef de voûte qui unissez les peuples opposés, venez sauver l'homme que vous avez façonné d'argile

 

23 décembre

O Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent comme leur Sauveur, venez nous sauver, Seigneur notre Dieu !