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NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION

Saint Luc (suite)

, 21:20pm

Publié par Paroisse Bougival

Saint Luc (suite)

Suite de la découverte de celui qui va nous accompagner avec son Evangile tout au long de notre année liturgique (année dite C)

quelques grandes routes maîtresses dans son œuvre (Suite)

3/ La route de la prière.

On est étonné de voir Luc porter tant d’intérêt à la prière. La prière ouvre l’évangile (1, 10) et le ferme (24, 53). Tout se termine par cette prière au Temple.

 

* Dans Luc, la prière est omniprésente. Tout est rendu possible par la prière. La prière est au cœur de tout l’évangile car c’est elle qui assure cette communion intime avec Dieu. Et Dieu est le maître de l’impossible : voilà le point central de l’évangile.

 

* Dans Luc, Jésus donne l’exemple de la prière. Il ne fait rien sans prier et nous entraîne. Luc aime à le montrer ainsi.

 

Quelques lumières sur cette prière de Jésus :

 a) Au début de son ministère : le baptême (3, 21) ; prière pour ouvrir les cieux et accueillir le Saint Esprit. Tout cela pour nous dire que sans l’Esprit : force, lumière et amour, rien ne se passera ou presque rien. « Les cieux doivent s’ouvrir » (3, 21) ;

b)  En plein ministère (5, 13-16). Jésus prendra son temps avec Dieu son Père. « Sa réputation se propageait de plus en plus ; des foules nombreuses se réunissaient pour l’entendre et se faire guérir. Mais lui se tenait retiré dans les endroits déserts pour y prier » (4, 14 ; 5, 15-16) ;

c) Lors du choix des apôtres (6, 12) : passa la nuit en prière pour un choix important ;

d) Avant la profession de Pierre, moment clef (9, 18-21) ;

e) Au moment de se transfigurer devant les siens, les trois, pour se faire découvrir (9, 28) ;

f) Avant le « Pater », la grande prière sur le monde (11, 1) ;

g) Avant d’affronter la puissance de la mort et l’agonie (22, 39-47).

 

Cinquante fois, le mot ‘prière’ revient sous sa plume.

 

Quelques traits du visage de cette prière :

a): prière insistante, persévérante, importune. Les importuns de la prière sont bien mis en lumière par Luc. On en est presque ‘choqué’. Exemple : en 11, 5-16, excellente parabole : « Je vous le dis, il se lèvera à cause de son impudence et il lui donnera tout ce dont il a besoin » (11, 8). Et cette importunité est bien soulignée par les deux comparaisons du serpent et du scorpion, du poisson et de l’œuf (11, 9) : huit ‘formules-médailles’ bien mises en valeur par l’évangéliste à la fin de cette énumération : « Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le prient » (11, 13).

b) : c’est une prière humble (18, 9-14) : le pharisien et le publicain. « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. »  Prier : c’était bien le but de leur démarche... Or l’un, debout, priait ainsi avec suffisance et ostentation, Mais l’autre se tenait éloigné, n’osant même pas lever les yeux.

c) c’est une prière de louange et d’action de grâce. C’est l’un des points forts de la prière de Jésus en saint Luc qui se montre ici très paulinien. Cette prière de louange et d’action de grâces court partout dans le troisième évangile. C’est un des fils d’or de cet évangile. Luc nous y entraîne car cette prière-là nous fait sortir de notre ‘moi’ pour regarder l’Autre qui nous fait don de tant de dons, et même de lui-même. écoutons quelques-unes de ces notes musicales de louange :

¨    naissance de Jésus : « Il y eut une troupe céleste nombreuse qui louait Dieu » (2, 13). C’est le merci du monde angélique ; « les bergers qui glorifient et louent Dieu » (2, 20) ; ¨    le paralysé guéri loue Dieu (5, 25-26) ; ¨    le fils de la veuve de Naïm  (7, 16) ; ¨    le retour des disciples (10, 21) ; ¨    le lépreux guéri (17, 15) ; ¨    l’aveugle de Jéricho : il suivait Jésus « en glorifiant Dieu, et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu » (18, 43) ; ¨    le triomphe de Jésus : les Rameaux (19, 37-38) : « Toute la multitude des disciples, dans la joie, se mit à louer Dieu d’une voix forte : ‘Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur’ » (même chose que le ‘Sanctus’) ; ¨    après l’Ascension (24, 53). C’est le point final, le dernier mot, le point d’orgue de l’évangile : « ils [les apôtres] retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient continuellement dans le Temple à louer Dieu ».

Ainsi on comprend mieux que Luc nous rapporte cette parole étonnante du Christ : « Il leur dit cette parabole sur ce qu’il leur fallait prier sans cesse, toujours, sans se décourager » (18, 1). Cette parabole est propre à Luc : c’est bien lui qui a mis en pleine lumière le Christ priant et l’église priante.

                   Cette église priante, il la montrera également dans les « Actes » : « [la première communauté] était assidue à la prière » (Ac 2, 42). C’était le conseil pressant de Paul : « Prie sans relâche » (1 Th 5, 17) :

 

+ prière pour recevoir l’Esprit, premier don fait aux croyants ( exemple des Samaritains : « ils descendirent chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné » (Ac 8, 15) ; exemple du Cénacle : « assidus à la prière » (Ac 1, 14) )

 

+ prière au Temple (Ac 4, 24 ; 10, 9 ; 12, 5 ; 13, 3).

Résumé dans  St Paul : « Je prie ‘superexcessivement’ [« uperesirepksuo »] (« abundantius orantes »), en dépassant la mesure » (1 Th 3, 10).