Un usage durant le Carême : la Messe de la station

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Un usage durant le Carême : la Messe de la station

A Rome, Chaque jour du carême la célébration eucharistique a lieu dans une église appelée « station » et les Romains qui le peuvent participent à ce pèlerinage de quarante jours en se rendant au fur et à mesure dans l’église stationale retenue.

C’est un usage qui s’enracine dans les premiers siècles de l’Eglise. Lorsque la liberté de culte fut possible, le Pape (ou son représentant) célébrant dans différentes basiliques, les fidèles s’y rendaient en procession à partir d’une église centrale où ils s’étaient rassemblés.

Durant cette procession on chantait les litanies des saints (un reste liturgique est le chant du Kyrie actuellement)

A leur arrivée, les fidèles se plaçaient ainsi : les hommes du côté de l’Evangile et les femmes du côté de l'épître. Pendant ce temps, le pontife pénétrait dans le Secretarium [origine du mot sacristie] et se revêtait des ornements liturgiques, puis il faisait son entrée solennelle pendant que le chœur chantait un psaume (l’Introït grégorien en est une évocation. Aujourd’hui, c’est l’Antienne d’ouverture remplacée souvent par un chant)

Arrivé à l'autel, le célébrant le baisait et donnait le baiser de paix au clergé, puis il se rendait à la cathèdre (siège pontifical ou épiscopal) placée au fond de l'abside, où le clergé l'entourait, formant un demi-cercle autour de l'autel.

Après le salut à l'assistance par le Pax Vobis (la paix soit avec vous), le célébrant disait l'oraison appelée collecte. Puis s’en suivait la messe.

Benoît XVI a rappelé dans une homélie du mercredi des Cendres (2007), l’élaboration au cours des siècles de cette  « géographie singulière de la foi » : « Avec l'arrivée des apôtres Pierre et Paul et avec la destruction du Temple, Jérusalem s'était transférée à Rome. La Rome chrétienne était entendue comme une reconstruction de la Jérusalem du temps de Jésus à l'intérieur des murs de l'Urbs. Cette nouvelle géographie intérieure et spirituelle, inhérente à la tradition des églises des « stations » du Carême, n'est pas un simple souvenir du passé, ni une vaine anticipation de l'avenir; au contraire, elle entend aider les fidèles à parcourir un chemin intérieur, le chemin de la conversion et de la réconciliation, pour parvenir à la gloire de la Jérusalem céleste où habite Dieu ».

 

Si nous ne sommes pas à Rome, rien n’empêche de vivre ce Carême comme un chemin intérieur de conversion... et de faire une communion spirituelle en lien avec l’église stationale du jour (on peut en trouver la liste dans les missels de la forme extraordinaire ou sur le site du Vatican (mais c’est en italien...):

http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_academies/cult-martyrum/documents/rc_pa_martyrum_20020924_stazioni_fr.html

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