A méditer en cette semaine sainte

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

A méditer en cette semaine sainte

Extrait de «Les sept paroles du Christ en croix» (Cardinal Journet)

                           « Père ! Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

« Père ! Pardonne-leur ! ... » Ce n'est pas sa douleur qui l'occupe, c'est notre péché : d’abord la blessure, l'offense qu'il fait à Dieu, puis le ravage qu'il nous fait à nous-mêmes.

A un mal si grand, il n'y a pas de remède ici-bas. Peut-être viendra-t-il d'en haut ?

Peut-être le pardon viendra-t-il ? Alors ce sera la Vie sortant de la mort, une fête dans les cœurs, un printemps de la terre.

Il demande avec son cœur d'homme que le Père pardonne : Il faut, avec nos cœurs d'hommes, demander que le Père pardonne. (...)

Il y a des moments où Jésus ne prie pas pour le monde. Il veut prier à part pour ses disciples immédiats (...) A d'autres moments, il étend sa prière (...) jusqu’à tous les fidèles (...) Mais, par dessous ces prières spéciales, il y a en lui une prière permanente pour tous les hommes sans exception, c’est le monde entier qu’il vient chercher, qu’il voudrait sauver, pour qui il meurt (...) Et il y a des moments où Jésus prie très spécialement pour ceux qui le méconnaissent davantage : « Père ! Pardonne-leur ! ... »

Maintenant, il ne reproche même plus rien aux hommes. Il regarde au-dessus d’eux. Il voit leur destinée éternelle. C’est pour eux qu’il est en Croix. Et il dit : « Père ! Pardonne-leur ! ... »

Au jour où je paraîtrai devant lui, que j’aurai offensé ... que dirai-je quand m’accuseront les péchés et trahisons de ma vie ? Il y aura pourtant cette Croix où il aura été pour moi en agonie, où il aura versé telle goutte de sang pour moi, où il aura dit pour moi : « Père ! Pardonne-leur ! ... »

Ils ne savent ni l’offense qu’ils font à ton Amour, ni la profondeur de ton Amour. Ils ne savent même pas le mal qu’ils se font à eux-mêmes, et que le rejet de l’Amour, c’est dès ici-bas, l’enfer qu’ils inaugurent librement en eux. Ils ne savent pas l’irréparable du péché, la catastrophe du premier péché mortel, l’affreuse tristesse du second (...)

Pourtant le pardon de Dieu répare l’irréparable. Non en faisant que ce qui a été saccagé n’ait pas été saccagé. Mais en faisant fleurir, dans le cœurs où le péché a saccagé les roses du premier amour, leur pureté et leur fraîcheur, les roses sombres, parfois aussi belles, tantôt plus belles, d’un second amour, avec ses repentirs, ses larmes, ses ardeurs.
Voilà, dans un sens nouveau, le Royaume des pardons de l’Amour.

« Père ! Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font! » La première parole du Christ en Croix est une parole d’immense miséricorde pour le monde.