A propos des Rameaux

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

A propos des Rameaux

Le dimanche des Rameaux, qui ouvre la semaine sainte, est une célébration complexe et riche qui, d’une part, commémore l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et d’autre part, introduit déjà à l’événement et au mystère de la Passion.

De l'Orient à l'Occident, et du IVè siècle à nos jours, cette fête, qui exprime la Mort et la Gloire, a connu des formes et des accentuations diverses. En certains pays, elle a un très fort enracinement populaire.

Histoire liturgique de cette fête.

Rameaux en mains, formez vos cortèges jusqu’auprès de l’autel (Ps 118).

La tradition remonte à la liturgie du Temple de Jérusalem, où les Juifs, afin d’exprimer leur action de grâce à Yahvé le Vrai roi, agitaient des palmes en signe d’allégresse.

Aussi, lorsque Jésus pénétra dans “sa” ville, la cité sainte, et que les foules voulurent reconnaître en lui leur roi Messie, elles coupèrent des branches aux arbres et, avec leurs Manteaux, en jonchèrent le chemin où passa le Fils de David monté sur une ânesse (Mt 21,8) et l’acclamèrent : « Donne, Seigneur, Donne le Salut (Hosanna signifie “Sauve donc”), Donne, Seigneur, donne la victoire ! Béni soit au nom du Seigneur Celui qui vient ! "

A Jérusalem.

L’histoire dispose des traces de l’existence de la procession des Rameaux à Jérusalem, au IV° siècle grâce au journal de voyage d’une pèlerine espagnole Egeria.

Le samedi, veille des Rameaux, les fidèles se rendent à Béthanie, c’est-à-dire hors des murs de Jérusalem, pour y célébrer l’office en calculant qu’on est au 6° jour avant la Pâque. La foule s’arrête une 1ère fois devant l’église élevée au lieu où Marthe et Marie accoururent se prosterner lors de la visite que le Seigneur leur fit. Puis après les prières, la foule repart à la suite de l’évêque pour s’arrêter à Béthanie. Là alternent hymnes et antiennes puis la lecture de l’évangile à l’ambon : "Six jours avant la fête de Pâques, Jésus se rendit à Béthanie, où se trouvait Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts… "

Le lendemain, après les offices du matin, on se réunit à la 7è heure (soit vers 13h00) dans l’église du mont des Oliviers, d’où l’on monte, deux heures après, à l’église commémorant l’Ascension… Là, la foule s’assoit, car en présence de l’évêque, on ordonne toujours de s’asseoir, et on chante à nouveau des hymnes et antiennes. Deux heures plus tard (soit vers 17h00), on y lit l’Evangile de l’entrée du Seigneur à Jérusalem, "où les enfants avec des rameaux et des palmes, accourent au-devant du Seigneur en disant : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur…" Tous les petits enfants du pays tiennent des rameaux, les uns de palmiers, les autres d’oliviers ; et ainsi, on escorte l’évêque à la manière dont le Seigneur a été escorté ce jour-là".

Lorsque tout le peuple arrive à l’église de l’Anastasis (église de la Résurrection), on y célèbre le lucernaire avant le renvoi de l’assemblée.

En Orient puis en Occident

De Jérusalem, cette procession se répandit dans presque tout l’Orient ; Byzance cependant ne l’accueillit que tardivement, et l’abandonna dès le X° siècle.

A Rome, pourtant au temps de saint Léon, le dernier dimanche de Carême est considéré comme le dimanche de la Passion, et il se caractérise par la lecture solennelle de la Passion selon saint Matthieu. Jusqu’à la fin du X° siècle, la Passion sera l’unique thème de ce dimanche.

La liturgie actuelle

Alors qu’avant 1955, la bénédiction des rameaux se déroulait dans l’église même, la liturgie du rite romain sous sa forme « ordinaire » propose maintenant la commémoration de l’entrée du Seigneur à Jérusalem à l’extérieur des murs. Elle comprend une oraison, la lecture de l’Evangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem et une procession d’entrée dans l’église accompagnée de chants. Cette procession permet de retrouver la signification primitive du cheminement d’un point à un autre. Puis la messe se déroule sans mention des rameaux et comporte la proclamation du récit de la Passion. Cette double liturgie associant le triomphe et la souffrance, constitue un porche d’entrée à la semaine sainte.