Alléluia !

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Alléluia !

Voici un texte à lire pour nos « alléluia »!

[Publié dans le journal l’Homme nouveau du 15/04/06 p°8]

Avec saint Augustin, sainte Gertrude souligne que l'alléluia pascal comporte toutes les voyelles sauf le 0. Pour elle, cette voyelle est réservée pour les lamentations et les mauvaises surprises. Chacune des cinq autres voyelles a donc l'honneur d'habiller pour nos gosiers et nos poumons la bonne surprise de l'alléluia qui nous parle du Ciel. Il s'agit d'un mot hébreu qui sert de refrain pour quelques psaumes. Il résume tout ce que l'homme peut chanter de mieux pour son Créateur devenu son rédempteur. Il a servi aux Hébreux après la nuit pascale et le passage de la mer Rouge qui les a libérés de la servitude dont ils avaient souffert sous la férule pesante du pharaon.

Les motifs de notre joie

Quand Jésus institua le repas de la nouvelle Pâque, juste avant d'en être lui-même l'Agneau immolé sur la Croix, il chanta le Hallel (forme contractée de l'alléluia), ce groupe de psaumes qui s'achève au 117 (118). Nous avons encore plus de motifs que les Hébreux de Moïse pour chanter l'alléluia. Il ne s'agit pas de la libération d'une de ces innombrables injustices humaines, il s'agit de la libération radicale qui nous permet de reconquérir, libérer notre liberté, comme dit Benoît XVI. L'Apocalypse est ponctuée de l'alléluia des rachetés : les martyrs et l'immense foule de ceux qui suivent l'Agneau immolé.

Le chrétien est comme ces derniers un être libéré de l'esclavage du péché par le baptême. Né dans la dépendance de la déchéance originelle, nous voici indépendants vis-à-vis de la tyrannie du péché, libres par conséquent de chanter le Bon Dieu qui nous a tendu sa main secourable, qui nous fait même entendre les délicieux concerts des anges dans son éternité. L'alléluia comporte donc les cinq syllabes qui ont pu franchir la frontière entre Ciel et terre, et inonder le lieu de nos chagrins et de nos larmes pour les assécher joyeusement. En revanche il ne possède qu'une seule consonne : le L, trois fois répétés en l'honneur de la Très Sainte Trinité. Cette consonne a la particularité d'exiger le maximum d'effort à la langue. Il s'agit d'une linguale, comme le N et le D. En outre, le L a en commun avec le V que, même simplement prononcé, il se chante déjà dans la simple élocution (mais oubliez bien vite ces remarques techniques qui ne conviennent aucunement pour la sérénité de la plus grande des fêtes chrétiennes : on y chôme l'apprentissage difficultueux).

Rachetés et heureux

La société ne sait plus trop chanter. Aussi la vraie joie a-t-elle bien du mal à se frayer un chemin dans le roncier des soucis pénibles qu'elle semble prendre plaisir à multiplier. Mais le chrétien se défend de la tristesse contemporaine par la liturgie de l'alléluia. Il le chante avant l'Évangile de la messe, et l'alléluia se prolonge comme un écho dans toute sa vie, tel le jubilus d'un alléluia grégorien qui brode à l'infini le dernier A sur de la musique pure. Saint Augustin, encore lui, compare ce jubilus au sifflement de contentement du vigneron au sortir d'une bonne vendange. Oui, le chrétien est content de son Dieu qui l'a racheté par les bras étendus de la sainte Croix. L'alléluia met ainsi la vie chrétienne en extase.

 

Pape François : La joie de savoir Jésus vivant, l’espérance qui remplit le cœur, ne peuvent se contenir. Ne gardons pas pour nous la joie d’être chrétiens !

 

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