2ème oeuvre - Les Œuvres de Miséricorde

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

2ème oeuvre - Les Œuvres de Miséricorde
2ème oeuvre - Les Œuvres de Miséricorde

 2ème œuvre de Miséricorde :

        Donner à boire à ceux qui ont soif. (Extrait du livre du P.Vidal « soyez miséricordieux » Editions le Laurier)                                                                         

Venez, les bénis de mon Père: prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. [...] j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire (Mt 25, 34-35). L'origine de la deuxième œuvre de miséricorde corporelle ne peut donc faire l'objet d'aucune discussion, tant ces propos de notre Seigneur sont clairs et explicites, Puisque, don de Dieu, la vie humaine est sacrée, elle doit être protégée et soutenue dans son développement organique ordinaire. Or, conjointement avec la nutrition (pre­mière œuvre de miséricorde), l'eau est absolument néces­saire à l'homme et à son environnement vital.

Voilà sans doute pourquoi le saint-père a tenu à lui consacrer toute une section de sa dernière encyclique, « Loué sois-tu, Seigneur », avec en guise d'introduction à ses réflexions les lignes suivantes : L'eau potable et pure représente une ques­tion de première importance, parce qu'elle est indispensable pour la vie humaine (Chapitre 1, Il, n° 28) À la suite de quoi, nous sommes invités à nous interroger sur les modalités concrètes de la mise en pratique de ce nouvel aspect de la miséricorde envers notre prochain. Et ce d'autant plus qu'il semble assez invraisemblable que, sauf accident, quelqu'un puisse mourir de soif de nos jours.

Dès lors, nos réflexions devraient s'orienter plutôt vers la dimension planétaire du problème et, simultanément, vers nos habitudes concernant la consommation quotidienne d'eau, afin d'éviter, autant que faire se peut, tout gaspillage. Vous le voyez bien, quelle que soit la question soumise à notre réflexion et à notre examen, nous découvrons toujours des liens assez directs entre notre comportement personnel et la situation globale de l'humanité. La constitution Gaudium et spes du Concile Vatican Il nous l'avait clairement rappelé : Le monde prend une conscience très forte de son unité, de la dépendance réciproque de tous dans une nécessaire solidarité (GS n° 4),

Par conséquent, à l'heure de chercher des idées afin d'amé­liorer nos habitudes et d'apporter par la même occasion notre petite pierre à la construction de notre monde, nous suivrons pratiquement toujours le même schéma la né­cessité et l'importance de notre prière personnelle, les interventions directes que chacun pourrait envisager et, en même temps, les changements souhaitables dans nos habitudes.

• Dans nos réflexions sur le problème de la faim dans le monde, nous avons rappelé l'existence de certaines messes votives que l'Église célèbre pour confier à Dieu ses inten­tions du moment, bien consciente de la force impétratoire de l'Eucharistie. Ainsi avons-nous cité la messe votive « En temps de famine ou pour ceux qui souffrent de la faim ». Or, dans le même chapitre, au titre évocateur de « La souffrance dans le monde », se trouve une messe votive « Pour demander la pluie », dont voici la prière collecte : Dieu à qui nous devons de naître, de vivre et de grandir, nous dépendons de toi en toutes choses : accorde-nous les pluies dont nous avons besoin, afin qu'étant rassurés pour les fruits de la terre, nous puissions mieux rechercher les biens d'éternité. Il est clair que cette prière vise avant tout les périodes de sécheresse pouvant sévir dans certains pays ou régions. Cela dit, rien ne nous empêche de lui donner le sens universel qui caractérise l'œuvre de miséricorde, objet de notre commentaire. Ayons donc foi en la prière, à com­mencer par la nôtre, et tenons encore compte de la priorité des biens éternels sur ceux de ce monde.

• Quant à nos possibilités d'action directe dans ce domaine de la vie humaine, elles sont de toute évidence encore plus limitées que pour la faim dans le monde. Mais la question se présente à nous sous un autre jour si nous l'abordons dans son sens spirituel. Comme nous l'avons rappelé dans la présentation générale de ce livret. il semble tout à fait opportun de prendre en compte le rapprochement progressif qui s'effectue entre les deux groupes d'œuvres, en accordant une importance grandissante à une clé de lecture spiri­tuelle. Ici, il est question de la soif. Vous souvenez-vous de l'emploi que les livres saints font de cette nécessité vitale de la personne humaine ? On peut trouver un bon nombre de passages bibliques où elle sert de support à un enseignement important. Abordée sous cet angle concret, l'œuvre demandée - donner à boire à ceux qui ont soif ­- pourrait nous faire penser d'abord à Dieu lui-même, aussi surprenant que cela puisse paraître, et ensuite à notre prochain.

a) La soif de notre Seigneur

Sur la Croix, Jésus ne s'est-il pas exclamé: « j'ai soif » ? (Jn 19, 28) Avec ce beau commentaire de saint Josémaria : Soif de nous, de notre amour, de nos âmes, de toutes les âmes que nous devons amener jusqu'à lui par le chemin de la croix, qui est le chemin de l'immortalité et de la gloire du Ciel. (Amis de Dieu, n° 202). Voici une belle résolution, précise et concrète. À chaque fois que j'aurai soif, je penserai à la soif du Christ. à ce qu'il attend de moi dans ma vie de chrétien : surtout à mon amour qui doit se traduire par la fidélité à ma vie de prière, la réception fréquente des sacrements, l'exercice de la charité, l'effort pour lui offrir un travail aussi parfait que possible, parmi bien d'autres choses.

b) La soif des hommes

Lors de sa rencontre avec la Samaritaine, notre Seigneur a évoqué tout à la fois l'eau naturelle et une autre qu'il est seul à pouvoir offrir aux hommes. Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau. Mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif (Jn 4. 13-14). Il promet une eau encore jamais bue, qui jaillit en vie éternelle. Dans sa grande miséricorde, son Père l'a envoyé sur terre pour nous l'apporter et nous mettre en garde contre d'autres espèces d'eau susceptibles de nous faire du mal. Nous autres chrétiens, nous sommes capables de discerner l'eau qui conduit à la vie éternelle de celle qui n'étanche pas notre soif ; et de la montrer aux autres, précisément « à ceux qui ont soif ». C'est notre deuxième résolution : prendre plus au sérieux la dimension apostolique de notre vie chrétienne.

Puisse la Vierge Marie nous aider à ne jamais nous tromper d'eau.

À Cana, elle est la seule à avoir remarqué que le vin s'était épuisé : Ils n'ont pas de vin. Jn 2,3. Soyons certains qu'elle remarquera aussi nos soifs et qu'elle fera le nécessaire pour que notre Seigneur y pourvoie

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