Les origines de la Fête-Dieu

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Les origines de la Fête-Dieu

L’institution de la Fête-Dieu est, pour beaucoup, due à une religieuse dont le confesseur devient justement le Pape Urbain IV : sainte Julienne de Mont-Cornillon (1192-1258), en Belgique.

Née en 1193, au village de Retinne près de Liège, elle devint orpheline à cinq ans. Julienne et sa sœur Agnès furent alors confiées aux Augustines de Mont-Cornillon où elles furent formées à la piété. A 14 ans, elle entra dans la communauté des Augustines.

La simplicité et l'humilité lui furent toujours chères. Elle évitait de se produire, surtout auprès des visiteurs de distinction. Parfois, ceux-ci lui demandaient quelque entretien spirituel. "Je suis la servante de la cuisine, répondait-elle, que voulez-vous apprendre de moi ? Je sais traire les vaches, donner à manger aux poussins de la basse-cour, et autres choses semblables. Pour ce qui est de parler de Dieu, vous le ferez mieux que moi, car vous êtes instruit ; et je vous écouterai volontiers."

Dès sa plus tendre enfance, Julienne avait eu une admirable dévotion envers le sacrement de l'Eucharistie ; Dieu la préparait, à son insu, à la mission qu'Il devait lui confier. Un jour de l'année 1208, comme Julienne se mettait en oraison, elle aperçut un astre semblable à la lune dans son plein, mais avec une échancrure. La même vision continua à se présenter à ses regards tous les jours. Craignant d'être victime d'une illusion diabolique, elle supplia le divin Maître de l'éclairer. Notre Seigneur lui révéla 2 ans plus tard :

"La lune représente l'Église, et l'échancrure signifie le manque d'une solennité dont Je désire l'institution. Pour réveiller la foi des populations et pour le bien spirituel de Mes élus, Je veux qu'une fête spéciale soit établie en l'honneur du sacrement de Mon Corps et de Mon Sang. Cette fête aura une solennité que ne peut avoir le Jeudi-Saint déjà occupé par la mémoire de Ma Passion. C'est toi que Je charge de t'occuper la première de cette fête et de faire connaître la nécessité de l'établir. C'est toi qui commenceras, et des personnes humbles continueront."

Persuadée d'accomplir la Volonté de Dieu, Julienne, après plusieurs années d'hésitations, alla faire connaître aux autorités religieuses la mission qu'elle avait reçue. Dès 1246, l'évêque de Liège, Robert de Torote, publia un mandement instituant la Fête-Dieu pour son diocèse. Julienne n'eut pas la consolation d'assister à ce triomphe survenu six ans après sa mort. Élue Prieure de Mont-Cornillon, elle fut victime d'une odieuse cabale, chassée de son couvent et alla finir ses jours comme recluse, près de l'église de Fosses, le 5 avril 1258. Cependant, relayés par la bienheureuse Eve de Liège (+ v. 1266), ses efforts ne furent pas vains, car la fête du Saint-Sacrement fut introduite dans son diocèse.

C’est aussi à cette époque que remonte le « miracle de Bolsena », ville au nord de Rome. Les événements sont relatés par les fresques de la cathédrale d’Orvieto. Une grande partie des reliques y sont conservées : l’hostie, le corporal et les purificatoires de lin. A Bolsena, on peut encore voir l’autel du miracle dans la basilique Sainte-Christine, ainsi que quatre pierres tachées de sang.

En 1264, le pape Urbain IV publia la bulle Transiturus par laquelle il étendit cette fête d’origine liégeoise à l'Église universelle. Voici un extrait de ce document : « Qu’en ce jour, les foules empressées du peuple fidèle, accourent dans les temples avec une nouvelle ferveur ; que le clergé et le peuple se lèvent pour faire éclater leur joie dans des cantiques de louanges ; que les cœurs et les désirs, les voix et les lèvres chantent des hymnes joyeux ; que la foi chante, que l’espérance bondisse, que la charité tressaille, que la dévotion applaudisse, que le chœur des prêtres jubile, que l’assemblée des vierges soit remplie de consolation ; que chacun vienne avec un cœur fervent, une volonté empressée, qu’il rende ses devoirs avec zèle, pour célébrer dignement la solennité d’un si grand jour, et puissent tous les enfants du Christ être enflammés d’une telle ardeur pour son service, qu’augmentant de jour en jour le trésor de leurs mérites, ils soient jugés dignes de recevoir comme leur récompense, au terme de leur course, Celui qui sur la croix se livra pour leur rédemption, et dans le Sacrement se donne à eux en nourriture »

La fête fut ensuite confirmée par le pape Clément V en 1314. Puis le pape Jean XXII en 1318 ordonna de porter l'Eucharistie, le jour de la Fête du Saint-Sacrement (Fête Dieu),  en procession solennelle dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. C'est à ce moment qu'apparaît l'ostensoir.

Le concile de Trente (1515-1563) approuve cette procession de la Fête Dieu  qui constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Au-delà de la forme utilisée lors de ce Concile œcuménique précédent Vatican II, la vérité demeure énoncée pour toujours ... "Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème." (Concile de Trente, XIII session, 11 oct 1551)  

Les fidèles comprennent et manifestent une grande estime pour les valeurs exprimées dans la procession du Corpus Domini : ils prennent conscience qu’ils font partie de ce « peuple de Dieu », qui chemine avec son Seigneur, et qui proclame sa foi en celui qui est vraiment le « Dieu avec nous ». (Directoire sur la piété populaire et la liturgie 2001)

 

Les origines de la Fête-Dieu

Le miracle de Bolsena-Orvieto

«Pendant qu’un prêtre de Bohème, Pierre de Prague, en voyage en Italie, célébrait la Messe dans la Basilique de Bolsena, eut lieu un Miracle au moment de la consécration:

Voici la description qu’en donne une plaque posée à la mémoire de ce Prodige:

«Tout à coup l’Hostie apparut très visiblement transformée en chair et tachée de sang, sauf la parcelle que le prêtre tenait en ses mains: ce fait

est déjà en soi mystérieux et toutes les personnes présentes purent constater qu’il s’agissait véritablement de l’Hostie posée sur le calice par les mains du prêtre célébrant la Messe.»

Urbain IV et Saint Thomas d’Aquin purent constater eux-mêmes le Prodige.

Le Pape chargea saint Thomas d’Aquin de rédiger les textes de la liturgie pour cette Fête..

Ce sont les chants connus du Tantum ergo, pange lingua, Adoro Te devote, etc....

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Dans certaines villes ou certains villages, on pavoise les murs avec des tentures en l’honneur de Jésus ou l’on fait un tapis de fleurs dans les rues...

Les origines de la Fête-Dieu
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Les origines de la Fête-Dieu

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St Jean Paul II

Au terme de la sainte Messe, nous nous mettrons nous aussi en marche (...), en portant le Corps du Christ caché dans nos cœurs et bien visible dans l'ostensoir. Nous accompagnerons le Pain de vie immortelle dans les rues de la ville. Nous l'adorerons et, autour de Lui, se rassemblera l'Eglise, ostensoir vivant du Sauveur du monde. Que les chrétiens (...), affermis par son Corps et son Sang, présentent le Christ à tous à travers leur façon de vivre : à travers leur unité, à travers leur foi joyeuse, à travers leur bonté ! (Fête-Dieu 2001)

Lors de cette fête, chaque ville, les métropoles comme les plus petits villages du monde, deviennent spirituellement la ville de Sion, la Jérusalem qui loue le Sauveur : le nouveau Peuple de Dieu, rassemblé à partir de chaque nation et nourri de l'unique Pain de vie. Ce peuple a besoin de l'Eucharistie. En effet, c'est l'Eucharistie qui rend l'Eglise missionnaire. (Fête-Dieu 2002)

Benoît XVI

En portant l'Eucharistie dans les rues et sur les places, nous voulons immerger le Pain descendu du ciel dans notre vie quotidienne ; nous voulons que Jésus marche là où nous marchons, qu’Il vive là où nous vivons. Notre monde, nos vies, doivent devenir son temple.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Quelle joie de semer des fleurs sous les pas du bon Dieu ! Mais avant de les y laisser tomber, je les lançais le plus haut que je pouvais et je n'étais jamais aussi heureuse qu'en voyant mes roses effeuillées toucher l'Ostensoir sacré.

Les origines de la Fête-Dieu

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