Notre Dame de Fatima

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Notre Dame de Fatima

NOTRE DAME DE FATIMA... 1915 – 1916 - 1917   * extrait du site http://www.fatima100.fr

Nous fêtons ces jours-ci le 100ème anniversaire de la 1ère apparition au cours de laquelle l'Ange de la Paix a parlé aux petits pastoureaux.

Dans son 4ème mémoire, sœur Lucie explique :

« Ce jour-là, nous étions montés sur le versant à la recherche d'un abri, et après avoir goûté et prié, nous avons commencé à voir, à quelque distance au-dessus des arbres qui s'étendaient vers l'est, une lumière plus blanche que la neige, ayant la forme d'un jeune homme, lumière transparente, plus brillante qu'un cristal traversé par les rayons du soleil.

À mesure que l'apparition s'approchait, nous pouvions mieux distinguer ses traits. [Dans le 2ème mémoire, Lucie précise qu'elle avait l'apparence d'un jeune homme de 14 ou 15 ans] Nous étions surpris et à demi absorbés. Nous ne disions mot.

En arrivant près de nous, l'Ange nous dit : « N'ayez pas peur. Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi. » Et s'agenouillant à terre, il baissa le front jusqu'au sol. Poussés par un mouvement surnaturel, nous l'imitâmes et nous répétâmes les paroles que nous lui entendions prononcer :
« Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. »

Après avoir répété cette prière trois fois, il se releva et nous dit : « Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Et il disparut. 

Voilà donc les toutes premières paroles du Ciel. On ne saurait trop les méditer tant elles sont riches d'enseignement.

 

L'Ange de la Paix : « Ne craignez pas ! »


Je suis l'Ange de la Paix : Il y a dans cette 1ère phrase une résonance toute évangélique. En effet, la présence d'un ange saisit toujours les témoins de stupeur. Comme à Zacharie dans le temple de Jérusalem (Luc I, 13), à la Sainte Vierge dans la maison de Nazareth (Luc I, 30), aux bergers de Bethléem (Luc II, 10) ou aux femmes venues au tombeau (Mat XXVIII, 5 ; Mc XVI, 6), l'Ange commence par dire : « Ne craignez pas ».

De plus, il donne son nom : « Je suis l'Ange de la Paix ».

Dans notre monde actuellement si tourmenté par les guerres et les troubles de toutes sortes, Dieu nous a envoyé l'Ange de la Paix pour nous enseigner. Ne convient-il pas plus que jamais de suivre les recommandations qu'il nous a données il y a cent ans ?

Et que demande-t-il ? « Priez avec moi ». Il réitérera sa demande juste avant de disparaître en disant : « Priez ainsi ». Un envoyé de Dieu est venu non seulement pour nous enseigner à prier, mais aussi pour prier "avec" nous. Or, nous dit l'Évangile, les Anges voient constamment la face de Dieu (Mat XVIII, 10). Est-il possible d'avoir maître plus autorisé pour nous enseigner à prier ? Sa brève apparition nous instruit sur plusieurs points : l'attitude convenable pour prier, la prière elle-même, les fruits de cette prière et à qui l'adresser.

 

L'attitude de l'Ange  

Comment prie l'Ange ? « S'agenouillant à terre, il baissa le front jusqu'au sol ». Il y a là un enseignement d'une grande importance : tout Ange qu'il est, malgré sa perfection, pour prier, il n'hésite pas non seulement à s'agenouiller, mais aussi à baisser le front jusqu'à terre. Quelle humilité alors qu'il « était de lumière » selon l'expression employée par Lucie ! La 1ère qualité de la prière est l'humilité. Nous le voyons parfaitement dans la parabole du pharisien et du publicain. L'Ange vient nous rappeler que, même pour un être aussi parfait qu'un ange, devant la majesté de Dieu, il convient d'adopter une attitude empreinte de la plus grande humilité en s'agenouillant puis en s'inclinant le front jusqu'au sol ! Dès ce moment, les petits pastoureaux l'imiteront. Lucie précise : « Depuis lors, nous restions longtemps prosternés, répétant ces prières parfois jusqu'à en tomber de fatigue ».

La prière enseignée par l'Ange

Quelle prière enseigne-t-il ? Une prière pour demander pardon pour tous les péchés commis par les hommes. Cette prière est un point essentiel du message de Fatima

À qui s'adresse cette prière ?

L'Ange indique ensuite à qui doit être adressée cette prière : aux deux cœurs unis de Jésus et de Marie. Là encore, voilà rappelée une profonde vérité : les cœurs de Jésus et Marie sont inséparables. Déjà st Jean Eudes avait souligné ce point et d'autres prédicateurs à sa suite. Ici c'est l'Ange de la Paix lui-même qui nous le dit.

Les fruits de cette prière

Si nous prions ainsi, dit l'Ange, Jésus et Marie « seront attentifs à la voix de nos supplications ». Quelle merveilleuse promesse ! Dès lors, ne convient-il pas d'imiter l'Ange dans tout ce qu'il a fait et dit, comme l'ont spontanément fait Lucie, François et Jacinthe ? Si nous prions comme l'Ange le leur a appris, alors Jésus et Marie seront attentifs à toutes nos préoccupations, à nos inquiétudes sur l'avenir du monde en général et de notre pays en particulier, à nos craintes sur les menaces pesant sur notre famille, nos enfants, etc.

Alors, pour être délivré de tous ces tourments, pour que la paix revienne dans le monde et dans notre pays, prions comme l'Ange l'a appris à Lucie, François et Jacinthe : à genoux, le front à terre en répétant 3 fois cette courte prière.

 

COMMENTAIRE SUR LA PRIERE DE L’ANGE    * extrait du site http://www.fatima100.fr

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. » L’Ange indique ainsi quel est notre premier devoir : l’adoration et l’exercice des 3 vertus théologales. Ces vertus nous disposent à vivre en relation avec la Sainte Trinité. Elles ont Dieu pour origine, pour motif et pour objet. Elles sont au sommet de toutes les vertus, car elles font précisément notre union à Dieu, tout particulièrement la Charité.

L’Ange poursuit : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. » Cette demande est un des points essentiels du message de Fatima, peut-être même le plus important. Qu’y est-il dit ? Qu’il y a des gens qui ne plaisent pas à Dieu parce qu’ils ne L’adorent pas et ignorent les vertus théologales. Est-il situation plus triste ? L’Ange nous apprend que nous pouvons les sortir de cette situation en demandant pardon pour eux.

L’année suivante, Notre-Dame dira la même chose aux petits voyants avec des termes encore plus forts : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » (Apparition du 19/08/1917). Phrase qu’il est possible de tourner positivement en disant : beaucoup d’âmes seront sauvées si des personnes prient et se sacrifient pour elles. C’est bien le sens de la prière de l’Ange. Et c’est aussi ce que Notre-Seigneur enseignera quelques années plus tard, le 25/02/1922, à sœur Josepha Ménendez : «  Les pécheurs excitent la colère divine. Mais les âmes qui M’aiment, s’immolent et se consument comme victimes de réparation, attirent la Miséricorde de Dieu et voilà ce qui sauve le monde»

Réparer par nos prières et nos sacrifices les fautes commises par les pécheurs, « voilà ce qui sauve le monde » ! Un tel acte de réparation est une très belle façon d’exercer la miséricorde envers celui qui est dans le péché. Toutefois, il ne faut pas se méprendre sur la notion de miséricorde. Le christianisme n’exalte pas n’importe quelle forme de miséricorde.

La miséricorde dont l’Évangile fait une béatitude (« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront Miséricorde » - Mt. V, 7) est autre chose qu’un simple attendrissement indifférencié sur la faute d’autrui, ou sur sa souffrance. La miséricorde évangélique s’adresse à la misère et non au péché. Il convient de faire la distinction.

En effet, il y a deux formes de mal dans le monde : le mal voulu et le mal subi. Le premier est le péché, le second la misère. Saint Thomas parle de mal de coulpe et de mal de peine. Il y a une différence capitale entre ces deux notions qui s’opposent complètement, car un même mal ne peut pas être, à la fois et sous le même rapport, volontaire et involontaire. Ces deux formes du mal entraînent donc deux réactions différentes :

- Le premier, le mal voulu ou péché, parce qu’il est volontaire et dans la mesure où il est volontaire, appelle la réprobation et l’indignation.

 - Le second, le mal subi ou misère, parce qu’il est involontaire et uniquement dans la mesure où il est involontaire, appelle la compassion et la miséricorde.

Le péché s’oppose à la Miséricorde de Dieu. Loin de la provoquer, il provoque sa Justice. Mais dès que la volonté de faire le mal se retire, dès que le repentir s’installe, que le pécheur regrette sa conduite, il devient misère et alors objet de miséricorde. La plus belle illustration nous en est donnée par Notre-Seigneur Lui-même dans les paraboles, en particulier celle de l’enfant prodigue et celle du pharisien et du publicain.

Dans la pratique, un mal peut être à la fois en partie voulu et en partie subi. Car, dans l’homme, la faiblesse est beaucoup plus fréquente que la malice. Dès lors, nous devons présumer que la faute du pécheur est plus due à la faiblesse qu’à la malice, et nous devons avoir compassion du pécheur, non pas en tant que pécheur voulant le mal, mais en tant que misérable, subissant le mal, même si au départ il y a (ou il y a eu) volonté de sa part. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le parole de l’Ange : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. »

Alors admirons la beauté de cette prière, méditons-la et aimons la faire monter souvent tout au long de la journée vers notre Créateur.