7ème oeuvre - Les œuvres de miséricorde

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

7ème oeuvre - Les œuvres de miséricorde
7ème oeuvre - Les œuvres de miséricorde

Les Œuvres de Miséricorde [suite !!!] : 7ème œuvre de Miséricorde :

Enseigner les ignorants. (Extrait du livre du P.Vidal « soyez miséricordieux » Editions le Laurier)

L'Évangile selon saint Matthieu se termine par l'envoi des apôtres en vue d'une mission réellement im­pressionnante. Ils s'étaient rendus en Galilée, à la montagne où le Seigneur leur avait donné rendez-vous, pour s'entendre dire: « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 19-20). Ces recommandations, faites au moment de son Ascension, nous devons les lire comme un écho du cri qui s'était échappé de son cœur de Rédempteur au cours de la vie publique. «À la vue des foules il en eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis qui n'ont pas de berger. Alors il dit à ses disciples: "La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" » (Mt 9, 36-38). Voilà, côte à côte, une des principales causes de la misère humaine, le manque de formation, et le nombre largement insuffisant de formateurs.

 

N'avons-nous pas là les aspects essentiels de la deuxième œuvre de miséricorde spirituelle ? Selon son énoncé le plus traditionnel, sa finalité est d'«enseigner les ignorants », quelles que soient les modalités de leur ignorance. En effet, toute ignorance est à combattre, dans la mesure où elle traduit un manque important dans la vie de quelqu'un et qu'elle peut entraîner des conséquences clairement fâcheuses pour lui, surtout s'il s'agit de quelque chose d'important. N'oublions pas que la connaissance est toujours le premier pas à l'heure de prendre les grandes décisions de la vie. Or, y a-t-il affaire plus importante pour nous que celle de notre destinée éternelle, c'est-à-dire de l'orientation fondamentale de notre vie? Ignorer Dieu, son amour paternel, son dessein, le sens qu'il a donné à notre vie, la nature et la finalité de la loi morale, quoi de plus tragique pour un homme?

C'est certainement pour cette raison que le Saint-Père a attiré sur cet aspect concret l'attention des participants à une séance plénière de la Congrégation pour l'éducation catholique: « Les institutions de formation catholiques offrent à tous une éducation qui a pour but le développement intégral de la personne et qui répond au droit de tous à accéder au savoir et à la connaissance. Mais elles sont appelées à offrir à tous, également, dans le plein respect de la liberté de chacun et des méthodes propres à chaque environnement scolaire, la proposition chrétienne, c'est-à-dire Jésus-Christ, qui donne sens à la vie, au cosmos et à l'histoire» (13 février 2014). Quitte à abuser des citations, nous pouvons compléter ces propos par la présentation qu'il a faite une autre fois d'un don de l'Esprit Saint, le don de science: «La science qui vient de I’Esprit-Saint ne se limite pas à la connaissance humaine: c'est un don particulier, qui nous porte à saisir, à travers la création, la grandeur et l'amour de Dieu et sa relation profonde avec toutes les créatures. »

Voilà l'ignorance essentielle à combattre, l'ignorance de Dieu et de son dessein. Or, seul le Christ peut répondre à toutes les questions pouvant inquiéter le cœur humain et ce n'est que par lui que nous pouvons aller vers le Père, lui seul étant la « Voie, la Vérité et la Vie », Un 14, 6). Ce qui précise parfaite­ment l'objectif principal de cette œuvre de miséricorde: faire connaître le Christ et son œuvre. Au vu de ces considérations, que devrions-nous faire?

• Voyant l'état misérable de foules, notre Seigneur a mis le doigt sur la plaie : une ignorance considérable et l'absence de formateurs capables d'en venir à bout. Qu'a-t-il proposé ? « Priez le Maître de la moisson ». Priez ! Encore et toujours la prière comme premier moyen. La liturgie a prévu une messe votive « Pour l'évangélisation des peuples », les peuples en général et chaque personne en particulier. Nous pouvons en faire nôtre la prière collecte : « Dieu qui veux te faire connaître de tous les hommes et les recueillir dans ton Royaume, regarde l'étendue des champs à moissonner. Envoie des ouvriers en grand nombre qui annonceront l'Évangile à toute créature, afin que de tous les peuples de la terre naisse et grandisse un peuple nouveau que ta Parole assemble et que tes sacrements sou­tiennent ». Faut-il préciser que tout chrétien, et non seulement les pasteurs de l'Église, est un ouvrier que le Seigneur envoie dans sa moisson ?

• Pour des actions encore plus directes, bien que la prière soit toujours la plus directe des actions, chacun doit y réflé­chir en tenant compte de ses engagements et de ses compé­tences. Mais nous sommes tous concernés, quelle que soit notre situation personnelle, en tant que parents, éducateurs, enseignants, pasteurs, ou, si j'ose m'exprimer ainsi, chrétiens du commun. Car tout chrétien est un apôtre devant prendre une part active à la mission de l'Église, chacun dans son rôle et selon la spécificité de sa situation: prêtres, religieux ou fidèles laïcs. Grosso modo, nous pourrions indiquer deux grands domaines où l'ignorance peut entraîner de graves dommages:

a) Formation doctrinale, la transmission de la foi. Elle com­mence par l'éducation chrétienne à la maison et le Caté­chisme, mais elle ne devrait en aucun cas s'arrêter juste après. Non, il s'agit bien d'une formation vraiment perma­nente, devant aller jusqu'à la fin de notre vie. N'hésitons pas à conseiller la lecture du Catéchisme de l'Église Catholique ou, pour commencer, de son Compendium. Et, parallèlement, les textes de nos pasteurs, nombreux et riches, comme les ency­cliques, les exhortations et les lettres apostoliques, etc., sans oublier d'autres ouvrages de spiritualité.

b) Formation morale, la formation de la conscience. Notre foi n'est pas un simple ensemble de croyances ou de vérités purement spéculatives. L’essentiel est de suivre quelqu'un, Jésus-Christ et les commandements qu'il a établis pour nous permettre de bien avancer vers notre destinée éternelle. Or, le « bien » et le « mal » sont des notions objectives et univer­selles, selon le mot de saint Jean: « Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais imite le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu, celui qui fait le mal n'a pas vu Dieu» (3 Jn 1, 11). À nous de faire connaître la loi morale et ses prescriptions pour éviter des malentendus.

À l'heure d'accomplir cette belle œuvre de miséricorde, une des meilleures expressions de la charité authentique envers autrui, n'hésitons pas à invoquer Celle que les litanies de Lorette appellent «Siège de la Sagesse», selon un vocable très ancien et traditionnel dans l'Église.