Pour la fête de Notre Dame de la Merci, le 24 septembre

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

Pour la fête de Notre Dame de la Merci, le 24 septembre

Sermon d’Aelred de Rievaulx

Recourons à l'Épouse du Seigneur, approchons-nous de la Mère de Jésus, confions-nous à sa servante très fidèle. C'est tout cela qu'est la bienheureuse Vierge Marie.

Mais comment nous présenter à elle? Quels présents lui offrir? Si au moins nous étions capables de lui rendre l'hommage qui lui est dû en stricte justice! Nous devons l'honorer, nous mettre à son service; nous devons l'aimer et lui offrir nos louanges. Nous sommes tenus de lui ren­dre honneur, puisqu'elle est la Mère de notre Dieu et Seigneur. Ne pas entourer d'égards la Mère du Christ, c'est à coup sûr manquer aussi de respect à son fils. Et l'Écriture le dit: Honore ton père et ta mère.

Que dire encore, mes frères? Marie n'est-elle pas notre Mère, à nous aussi? Oui certainement, mes frères, elle est vraiment notre Mère. C'est par elle que nous sommes nés, non pas à ce monde, mais à Dieu.

Vous le savez bien, et la foi nous l'enseigne: nous avons tous passé par un état de mort, de vieillissement, de ténè­bres, de malheur. Nous étions morts, puisque nous avions perdu le Seigneur; nous étions vieillis, puisque tombés dans la corruption; nous étions dans les ténèbres, puisque fermés à la lumière de la sagesse. Et en somme, notre perte était consommée. Mais la bienheureuse Vierge Ma­rie nous a donné la vie, et une vie bien meilleure que celle que nous avait transmise Ève, car c'est de Marie qu'est né le Christ. Notre décrépitude est devenue jeunesse nou­velle, notre corruption a fait place à l'incorruptibilité, et au lieu des ténèbres a brillé la clarté.

Marie est notre Mère. Elle nous a donné l'immortalité, la lumière. L'Apôtre, parlant de notre Seigneur, écrit : Dieu l'a fait, en notre faveur, sagesse, justice, sanctification et rédemption. Et la Vierge, puisqu'elle est Mère du Christ, se trouve donc être la Mère de notre sagesse, de notre justice, de notre sanctification, de notre rédemption. A ce point qu'elle est plus notre Mère que celle qui nous a mis au monde selon la chair. C'est d'elle que nous tenons notre naissance meilleure, puisque de Marie sont issues notre sainteté, notre sagesse, notre justice, notre sanctifi­cation, notre rédemption.

L'Écriture nous dit: Louez le Seigneur en ses saints. Si le Seigneur mérite notre louange pour les saints auxquels il a donné de faire du bien et d'opérer des miracles, combien plus faut-il le louer pour celle par qui il a voulu se faire homme; car c'est là un prodige admirable plus que toutes les autres merveilles.

 (* ) NOTRE-DAME de la Merci,  Patronne des chrétiens captifs

Les Espagnols durent se battre pendant 400 ans pour chasser les Maures de leur pays (1085-1492).  Les chrétiens faits captifs au cours de ces continuels combats étaient particulièrement à plaindre.  Ceux d'entre eux qui embrassaient l'islam se voyaient bien traités.  Les autres étaient vendus comme esclaves aux musulmans d'Afrique.  Force était alors de payer rançon pour obtenir leur délivrance.  C'est dire que nul espoir ne restait aux prisonniers pauvres de jamais revoir leur patrie et leurs parents.  Sans compter pour eux le danger d'apostasie.
Ce fut la Vierge Marie qui poussa Saint Pierre Nolasque  (1256) à secourir ces malheureux : « Je t'aiderai, dit-elle, et nous réussirons. » Ainsi naquit l'ordre de la Merci ou de la Rédemption ou Rachat des captifs.  Aux trois vœux de religion habituels : obéissance, pauvreté, continence, les mercédaires en ajoutaient un quatrième : celui de se constituer en otage, quand c'était pour eux le seul moyen d'accomplir leur mission.  Celle-ci, grâce à leur héroïsme et à la générosité des chrétiens, fut féconde en résultats; elle se poursuivit jusqu'à la disparition de la piraterie.

La fête de Notre-Dame de la Merci fut primitivement instituée pour remercier la Vierge d'avoir rendu la liberté aux prisonniers qui lui criaient merci.  Si Innocent XII l'étendit (1696) à l'Église entière, ce fut pour rappeler que la mère de Jésus est notre mère à tous, que sa puissance est infinie, et qu'elle peut donc nous délivrer des chaînes que nous portons.