10ème oeuvre - Les Oeuvres de Miséricorde

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

10ème oeuvre - Les Oeuvres de Miséricorde
10ème oeuvre - Les Oeuvres de Miséricorde

Les Œuvres de Miséricorde [suite !!!] : 10 ème œuvre de Miséricorde :

Avertir les pécheurs (Extrait du livre du P.Vidal « soyez miséricordieux » Editions le Laurier)

S'adressant à un groupe de Juifs qui semblaient avoir cru en lui, Jésus a mis en évidence une des consé­quences les plus redoutables du péché: « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque se livre au péché est esclave du péché » (Jn 8,34). Ces propos les ont profon­dément choqués, eux qui se considéraient comme défini­tivement libres, se sachant de la descendance d'Abraham. Aussi a-t-il dû les ramener à la réalité, non sans mal, dans une discussion qui a finalement tourné à l'aigre. « Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter, mais Jésus se déroba et sortit du Temple » (Jn 8, 59). N'en doutons pas, le péché est la pire des misères dont quelqu'un pourrait être affligé dans ce monde, car c'est le mal presque à l'état pur, même dans les cas où ce qui l'a provoqué n'est autre chose que la faiblesse humaine.

 

Voilà sans doute pourquoi Jésus a toujours été extrêmement ferme à son égard:
« Que si ton œil droit est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: car mieux vaut pour toi que périsse un seul de tes membres et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne » (Mt 5, 29)

Très logiquement, le Saint-Père lui emboîte le pas dans son ministère de successeur de saint Pierre. Il s'efforce donc de nous faire comprendre que, la plupart du temps, le péché est précisément une des causes de ces misères que nous voyons un peu partout et qui réclament notre miséricorde. Il a encore insisté sur la question dans son homélie du 1er janvier dernier. Commentant le texte de l'épître aux Galates où saint Paul indique que l'arrivée du Christ marque la plénitude des temps, il se demandait : « Jusqu'à quand la méchanceté humaine sèmera sur la terre violence et haine, provoquant d'innocentes victimes? Comment ce peut être le temps de la plénitude, ce que nous donnent à voir des multitudes d'hommes, de femmes et d'enfants qui fuient la guerre, la faim, la persécution, disposés à risquer leur vie pour voir respectés leurs droits fon­damentaux ? Un fleuve de misère, alimenté par le péché, semble contredire la plénitude des temps réalisée par le Christ ».

Le péché alimente bien un « fleuve de misère ». C'est pour l'effacer et l'éliminer que le Verbe s'est fait chair et qu'il s'est livré à la Passion et à la mort sur la Croix. Sans doute peut-il être utile de citer un point du Catéchisme de l'Église Catho­lique qui le définit assez clairement. « Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite; il est un man­quement à l'amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d'un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l'homme et porte atteinte à la solidarité humaine. » (n° 1849). Voilà bien mis en évidence les deux traits du mal qui s'enferme dans tout péché: un aspect personnel, le pécheur étant le premier à en subir les conséquences, mais aussi un aspect social, par un manquement à la solidarité humaine.

Dès lors, avertir le pécheur, concrètement l'aider à éviter le péché ou à en sortir, sera toujours une œuvre de miséricorde, aux effets bénéfiques pour tout le monde. Et c'est une fois de plus notre Seigneur qui, dans un discours connu comme le discours ecclésiastique, a bien précisé la nature et la matière de cette œuvre salutaire. « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt 18, 15).

Telle est l'origine de l'expression « correction fraternelle », fortement enracinée dans la tradition chrétienne, dans le droit fil des propos du Christ. Dès lors, pour nous acquitter de ce nouveau devoir, la route est toute tracée et il ne nous reste plus qu'à l'emprunter résolument.

• Faudrait-il une nouvelle fois commencer par la prière? La réponse ne peut qu'être affirmative. Si nous voyons quelqu'un, à plus forte raison l'un de nos proches, tomber dans le péché ou pour ainsi dire s'y installer, confions-le à Dieu notre Père dans une prière humble et fervente. Il existe très précisément une messe votive « Pour demander le pardon des péchés », y compris les nôtres, comme de bien entendu. La prière col­lecte de cette messe fera monter vers le ciel cette demande: « Écoute, Seigneur, la prière de tes enfants, écoute-les quand ils se reconnaissent pécheurs. Sois indulgent pour nous, accorde­-nous le pardon de nos fautes et la grâce de ta paix ». L'objet de notre demande est bien clair: que nous nous reconnaissions pécheurs à l'instar du fils prodigue, dans la parabole qui est la toile de fond de l'Année jubilaire (cf. Lc 15, 18-19).

Prions donc pour nous reconnaître pécheurs et pour aider autrui à en faire autant.

• Nous avons dit dès les premières pages de notre ouvrage qu'il est toujours opportun, avant d'envisager quelque action que ce soit, de s'interroger sur sa propre attitude. Avertir les pécheurs ? Sans doute, et le plus tôt sera certainement le mieux. Mais faisons-le sans oublier que l'Année jubilaire est prévue en premier lieu pour chacun de nous, en nous four­nissant l'occasion de faire le point, de nourrir une contrition pour nos fautes passées et d'en effacer les traces grâce aux indulgences accordées. Partout dans le monde, des églises jubilaires ont été désignées et certaines actions sont prévues, dont le désir de changer de vie, comme nous l'avons indiqué dans l'introduction général. Or, c'est dans le sacrement de Réconciliation que, enfants prodigues, nous rencontrons notre Père qui vient vers nous en la personne du prêtre. Tout devrait peut-être commencer par là. Soyons « miséricordieux» envers nous-mêmes en donnant à notre âme ce supplément impressionnant de grâce et de sainteté.

• Cela étant fait, si nous ressentons l'impulsion intérieure de faire quelque chose d'encore plus concret, soyons sûrs que ce sentiment est fondé et qu'il est l'œuvre de l'Esprit Saint, selon nos commentaires à propos du don de conseil. Que faire? Sans doute faciliter à quelqu'un de nos proches sa réconciliation avec Dieu et avec les autres, grâce à une prière fervente et constante et à un dialogue ouvert et constructif, tout en lui conseillant la lecture de certains ouvrages simples et précis sur les modalités et les bienfaits de la confession sacramentelle. Au besoin, nous pourrons lui prodiguer aussi d'autres conseils qui l'aident à régulariser des situations peu claires ou inconvenantes. Soyons toujours bien conscients que la perte de l'amitié divine est la pire des choses qui puissent arriver à quelqu'un et que Dieu seul peut pardonner les péchés, par la voie qu'il a lui-même établie, celle du sacrement de la Réconciliation.

Le moment venu, n'hésitons pas à invoquer la Vierge Marie comme « Refuge des pécheurs », vocable tiré de la piété chrétienne et bien présent dans les litanies de Lorette, mais aussi, à Paris, dans la basilique de Notre-Dame des Victoires.

 

 

Le péché alimente un « fleuve de misère ». C'est pour l'effacer et l'éliminer que le Verbe s'est fait chair et qu'il s'est livré à la Passion et à la mort sur la Croix.