14ème oeuvre - Les Œuvres de Miséricorde

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

14ème oeuvre - Les Œuvres de Miséricorde

Prier pour les vivants et les morts (Extrait du livre du P. Vidal « soyez miséricordieux » Editions le Laurier)

« A près cela, je vis une foule immense que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils étaient debout devant le trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches et tenant des palmes à la main » (Ap 7,9)

Présentation éblouissante des bienheureux dans la gloire du ciel, selon l'une des visions dont saint Jean a bénéficié pendant son exil à l'Île de Patmos. Il a voulu savoir qui ils étaient et quel était le motif de leur récompense et il s'est entendu répondre qu'il s'agissait de tous ceux qui ont persévéré dans leur foi jusqu'à la fin. « C'est pour cela qu'ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son sanctuaire. Et Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente ; ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif ; l'ardeur du soleil ne les accablera plus, ni aucune chaleur brûlante ; car l'Agneau, qui est au milieu du trône, sera le pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, » (Ap 7, 15-17)

Ces lignes ne vous font-elles pas penser au discours du Christ sur le Jugement dernier, véritable fil conducteur de nos pages et à la base de toutes les œuvres de miséricorde ? « Venez, les bénis de mon Père : prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais étranger et vous m'avez recueilli [...] » (Mt 25, 34 sq)

Le texte de saint Jean laisse entendre, à bon droit, qu'au terme de l'histoire humaine, le Christ lui-même accomplira ces mêmes œuvres à l'égard de chacun des bienheureux, mais sur un mode divin : pleinement et pour l'éternité.

L'Apocalypse met vraiment la dernière pierre à la Révélation. Or, il est question dans une autre de ses visions de « coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints » (Ap 5, 8)

Ce qui introduit fort opportunément la dernière œuvre de miséricorde, la septième œuvre spirituelle : « Prier Dieu pour les vivants et pour les morts ». Car nous pouvons considérer les prières que nous faisons monter au ciel pour les autres comme l'expression la plus claire d'une vraie et profonde miséricorde à leur égard.

Vous n'êtes pas sans avoir remarqué que la prière a été indiquée comme premier moyen de s'acquitter de ce devoir de charité chrétienne pour chacune des treize œuvres précédentes. Dans le droit fil des conseils incessants de notre Seigneur tout au long de sa vie publique. Les ouvriers sont-ils peu nombreux ? Priez donc le Maître de la moisson...

Par conséquent, cette dernière œuvre est le compendium et le résumé de toutes les autres, tout en étant leur cheville ouvrière.

En outre, cette ferme invitation à confier à Dieu les autres et leurs intentions hisse l'ensemble de ces œuvres à un niveau ecclésiologique encore plus élevé, celui de la Communion des Saints.

En effet, cet article de notre Credo nous dit que, tout en étant une, l'Église se trouve en trois états différents : « En attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges et que la mort détruite, tout lui soit soumis, les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage ; d'autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d'autres enfin sont dans la gloire contemplant dans la pleine lumière, tel qu'il est le Dieu un en trois Personnes (LG 49) » (Catéchisme de l'Église Catholique, n° 954).

Quelle est donc la spécificité de la dernière des manifestations de notre miséricorde à l'égard du prochain ?

À mon humble avis, renforcer l'identité entre le Christ et les tout-petits, selon sa volonté manifeste. « C'est dans chacun de ces « plus petits » que le Christ est présent. Sa chair devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré, pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin. N'oublions pas les paroles de saint Jean de la Croix: 'Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour': » (MV n° 15).

Toutes ces références à l'au-delà, autrement dit à la vie éternelle, nous font comprendre que les détresses de l'âme sont, somme toute, encore plus lancinantes que celles du corps, bien que souvent moins évidentes. C'est peut-être la nuance qu'apporte la quatorzième œuvre qui nous fait un devoir de « prier » Dieu pour les vivants et pour les morts.

Concrètement :

• Pour commencer, prenons une conscience plus claire et plus vive de la valeur et du poids de la prière en général, quel que soit le problème, et de notre prière personnelle en particulier.
Il existe une messe votive « Pour l'Église », avec comme d'habitude une belle prière collecte pouvant être récitée en dehors de la messe aussi :
« Dans ta sagesse infinie, Seigneur, tu veux étendre à l'univers entier le règne du Christ, et sauver par lui tous les hommes. Accorde à ton Église d'être vraiment le signe du salut que tu offres à tous, le lieu où se révèle et s'accomplit le dessein de ton amour ».
En outre, n'hésitons pas à y ajouter tant d'autres prières que la piété chrétienne a forgé au long des siècles, comme le chapelet, le « Souvenez-vous », les neuvaines qui font appel à la médiation des saints et bien d'autres.

• Donnons une nouvelle impulsion à notre prière pour les vivants.
Dès que nous prenons connaissance d'un problème, par exemple de ce que les gens appellent un malheur, ayons le réflexe de nous tourner vers le Seigneur et de le lui confier. Dans ce sens, tout peut nous fournir l'occasion de prier, les nouvelles que nous apprenons grâce aux medias et aux nouvelles technologies, nos relations personnelles avec les autres, familiales, sociales et professionnelles, etc.
Autant que possible, respectons l'ordre de la charité en commençant par les plus proches, mais dans un esprit vraiment « catholique », donc universel.
Pourquoi ne ferions-nous pas une sorte de « liste » d'intentions à confier au Seigneur, afin de n'en oublier aucune au moment de participer à la sainte messe ou à d'autres moments de notre journée?

• Donnons aussi une nouvelle impulsion à notre prière pour les défunts.
Quelques commentaires ont déjà été faits dans les pages précédentes, en particulier concernant les mourants. Maintenant il s'agit des défunts et, si l'on peut s'exprimer ainsi, de « nos » défunts, puisque la mort ne défait pas les liens de la parenté, de l'amitié et, moins encore, les liens spirituels qui se tissent tout un long de la vie. L'Église accepte des offrandes pour célébrer des messes pour eux, il suffit de s'adresser au service compétent de sa paroisse. Et, en plus de ces prières plus institutionnelles et habituelles, nous pouvons prier dès que nous apprenons la mort de quelqu'un, y compris des personnes que nous ne connaissons pas, ou en repérant les murs et les croix d'un cimetière.
Prions encore la Vierge Marie comme « Mater Misericordiae ». Puisse-t-elle graver dans notre cœur les sentiments qu'elle nourrissait tendrement dans le sien ! Et nous faire réagir, « cum festinatione », en hâte (cf. Lc 1, 39), dès que nous voyons la moindre détresse à soulager autour de nous.

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