Des grâces dans la nuit de Noël...

par Paroisse Bougival  -  #VIE de L'EGLISE

SAINT BERNARD   

Il y avait à Châtillon une église qui appartenait alors à des chanoines séculiers. C'est là que Bernard fut élevé dès ses plus jeunes années. Un jour, c'était la veille de Noël, il était encore fort jeune ; comme il dormait dans la maison de son père, il lui sembla voir la Vierge enfanter, et le Verbe enfant naître d'elle. Au même instant, on sonna les vigiles ; sa mère vint le réveiller, lui fit mettre un vêtement de chanoine et l'emmena avec elle à l'église, selon son habitude. En parlant de cette vision, il disait ordinairement qu'il croyait que l'heure où il l'avait eue, était celle de la naissance du Sauveur, et que ce qui lui fut montré alors était le signe de tous les mystères qui lui ont été révélés plus tard au sujet de cette naissance.

 

SAINTE THERESE DE LISIEUX   

A 14 ans, Thérèse est toujours pleurnicheuse. Mais le soir de la nuit de Noël 1886, après avoir communié, revenant en famille aux Buissonnets où l'attendent des cadeaux dans la cheminée, son Papa, fatigué, laisse échapper : "Heureusement que c'est la dernière année (qu'on prépare ainsi les cadeaux). Elle est trop grande..."

Ayant entendu, Thérèse fond en larmes. Elle monte l'escalier pour retirer son chapeau. Devant son état, sa sœur Céline lui conseille de ne pas descendre. Mais soudain, Thérèse reçoit une grande grâce de force. Elle ne se reconnaît pas ! Ses larmes sont séchées. Elle redescend l'escalier, découvre ses cadeaux en riant. Tous sont dans la joie. La "pleureuse" a été soudainement transformée en une fille forte, après dix ans d'efforts. Elle appellera ce Noël, la nuit de sa "conversion". Le Dieu fort qui se fait si petit en Jésus à Bethléem a transformé la faible petite Thérèse Martin en une jeune fille combattante pour son amour. D'autant qu'elle voudrait aussi être carmélite et qu'il faudrait de la force pour vivre cette vocation. Alors, elle priait... elle priait... Et voilà que l'Amour est entré dans son cœur, elle va s'oublier pour faire plaisir aux autres et dès écrit-elle, "je fuis heureuse". Elle va pouvoir mener un grand combat pour sa vocation et traverser tous les obstacles.

 

PAUL CLAUDEL     

Le célèbre écrivain français raconte : « Je suis né le 6 août 1868. Ma conversion s'est produite le 25 décembre 1886. J'avais donc dix-huit ans... Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J'étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l'entrée du chœur, à droite du côté de la sacristie. Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de tout mon être, d'une conviction si puissante, d'une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J'avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l'innocence, de l'éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. »


HELENE GAUDIN...    

Ma vie n’aurait vraiment rien d’extraordinaire si elle n’avait été transformée par ma conversion grâce au témoignage de Jean-Paul II.

« Les baptisés sont invités à se faire les témoins courageux de la foi chrétienne ». Quand le Pape a prononcé cette phrase lors d’une audience générale du mercredi, j’avais 12-13 ans, et je n’étais pas baptisée. Mes parents, pendant les vacances de Noël, m’avaient emmenée à Rome pour la culture, et par curiosité m’avaient fait assister avec eux à cette audience. Je n’avais pas reçu d’éducation chrétienne : pas de catéchisme, pas de messe, pas d’Evangile... Depuis longtemps, je priais, mais sans trop savoir qui était ce Dieu à qui je ne demandais rien de plus que de bonnes notes en classe... Le nom de Jésus m’était quasiment inconnu : pour moi, il n’était qu’une décoration parmi d’autres sous le sapin de Noël ! Je ne savais pas ce qu’était la « foi chrétienne ». Pourquoi fallait-il en être les « témoins courageux » ? Tout cela était un véritable mystère pour moi. Et pourtant, ce jour-là, Dieu, ce Dieu que je ne connaissais pas encore, a choisi de me parler, de venir à moi en se faisant entendre de mon cœur à travers la personne de Jean-Paul II. Je me suis souvent répété cette phrase, et Dieu a mis en moi une soif de comprendre. Pendant un an et demi, j’ai relu ma vie ; mon regard a changé sur tout ce qui m’entourait, à la lumière de l’Evangile. Au début, mes yeux étaient fixés sur le serviteur des serviteurs de Dieu, cet homme vêtu de blanc qu’auparavant je ne reconnaissais même pas sur les cartes postales ! J’ai lu et relu sa vie passionnante et sainte avant de trouver la source qui la faisait resplendir : l’Evangile !

Alors que tout semblait perdu, que j’étais sur le point, en entrant dans l’adolescence, de gâcher ma vie, de ne plus travailler, de tout laisser tomber, de m’offrir à n’importe qui, Dieu m’a parlé. En relisant ma vie, j’ai compris qu’à tel ou tel moment, dans telle ou telle situation, Il s’était déjà adressé à moi, sans que je m’en aperçoive. Mais cette fois, je L’avais entendu. Souvent, quand on me demande de parler de ce chemin que Dieu a pris pour venir à moi, je ne peux que le décrire ainsi, mais il m’est impossible de l’expliquer. Tout ce que je sais, c’est qu’un an et demi après cet événement, et après avoir demandé à mes parents de m’emmener à nouveau à Rome à Noël, je demandais le Baptême à un prêtre de ma paroisse, le même prêtre qui m’accompagne toujours sur le chemin de la foi. J’ai reçu le Baptême à l’âge de 16 ans. Mon second séjour à Rome, je ne l’avais pas préparé avec un guide touristique, mais avec "Entrez dans l’espérance" que Jean-Paul II venait de publier. Depuis ce moment, je retourne à Rome chaque année, toujours à Noël, aux sources de mon Baptême.    Tiré du site http://blog.jeunes-cathos.fr/2011/05/rencontre-avec-jean-paul-ii/