18 AU 25 JANVIER 2017 : SEMAINE DE PRIERE POUR L’UNITE DES CHRETIENS

par Paroisse Bougival  -  #VIE de L'EGLISE

18 AU 25 JANVIER 2017 : SEMAINE DE PRIERE POUR L’UNITE DES CHRETIENS

Thème de cette année : « Nous réconcilier, l’amour du Christ nous y presse » (cf. 2 Co 5, 14-20)

 

Pour alimenter notre réflexion

 

Extrait d’une homélie du Pape François :

« Pour moi, l’œcuménisme est prioritaire. Il existe aujourd’hui l’œcuménisme du sang. Dans certains pays, on tue des chrétiens parce qu’ils portent une croix ou ont une Bible, et avant de les tuer on ne leur demande pas s’ils sont anglicans, luthériens, catholiques ou orthodoxes. Leur sang est mélangé. Pour ceux qui tuent, nous sommes des chrétiens. Nous sommes unis dans le sang, même si nous n’arrivons pas encore à faire les pas nécessaires vers l’unité entre nous – et peut-être le temps n’est pas encore venu. L’unité est une grâce, que nous devons demander. J’ai connu un curé à Hambourg qui suivait la cause de béatification d’un prêtre catholique guillotiné par les nazis parce qu’il enseignait le catéchisme aux enfants. Après lui, dans les rangs des condamnés, il y avait un pasteur luthérien qui a été tué pour la même raison. Leur sang est mélangé. Le curé m’a dit qu’il était allé voir l’évêque et lui avait dit : « Je continue à suivre la cause de béatification, mais celle de tous les deux, pas seulement celle du catholique ! » C’est cela, l’œcuménisme du sang. Il existe encore aujourd’hui, il suffit de lire les journaux. Ceux qui tuent les chrétiens ne te demandent pas ta carte d’identité pour savoir dans quelle Église tu as été baptisé. Voilà une réalité que nous devons prendre en compte. »

 

Entretien avec le Père E. Gougaud, délégué épiscopal du diocèse de Versailles pour l’unité des chrétiens

« Nous réconcilier, l’amour du Christ nous y presse »

À l’occasion du 500ème anniversaire de la Réforme, les chrétiens d’Allemagne ont choisi ce thème [...]. Cette commémoration qui n’est pas une fête – on ne peut pas fêter une division – nous invite à voir la foi et la grâce comme source de justification. Elle appelle aussi à lire les événements de 1517. Nous voyons avec douleur que quand les chrétiens se divisent, les hommes se divisent. Les guerres qui ont suivi le montrent clairement. Dans ce monde de plus en plus divisé, un engagement est en œuvre pour répondre à cette division. L’exigence de l’amour du Christ nous y presse. Jésus vient rassembler ses enfants dispersés et quand les Chrétiens se rassemblent, ils font advenir le rassemblement du monde. Le Christ est premier. En lui les baptisés sont frères et peuvent porter l’esprit de rencontre du genre humain. Évoquer la réforme c’est aussi un appel à prendre au sérieux l’Évangile et à accueillir la grâce et la foi, sources de justification.

 

Deux conceptions de l’Église

Dans leurs propos sur l’Église, les orthodoxes et les catholiques insistent sur la communion avec les Apôtres, donc avec l’évêque qui préside la communauté et l’entraîne au service de la vie chrétienne. Cette communion se manifeste dans la présidence de l’Eucharistie. Parmi les évêques, celui de Rome a un ministère de primauté dont les orthodoxes accueillent le principe. Le Pape Jean-Paul II priait pour que l’on puisse rechercher « les formes dans lesquelles ce ministère pourra réaliser un service d’amour reconnu par les uns et les autres. » (Ut unum sint, n° 95).

Pour les protestants, il s’agit plutôt d’une communion de fédération, un rassemblement d’Églises locales. Le principe directeur est celui de la diversité réconciliée. Ces deux conceptions sont difficiles à rapprocher, mais il n’y a pas lieu de gommer les différences.

 

Où en est-on ?

Le Cardinal Kurt Koch comparait la marche vers l’unité des Chrétiens à un voyage en avion. Après un décollage bruyant, celui initié par le Concile, le vol se stabilise et on a l’impression d’avancer lentement. « Demeure pourtant légitime l’espérance que l’avion œcuménique lui aussi atterrira à coup sûr. Cela vaut plus encore si nous pensons au véritable pilote, l’Esprit-Saint, qui a initié ce voyage et qui le mènera certainement à son but. » (L’Osservatore Romano 8 juillet 2016).

De fait, plusieurs événements marquants ont eu lieu, parmi lesquels la levée des anathèmes entre les Églises de Rome et de Constantinople, le 7 décembre 1965 et la déclaration conjointe sur la doctrine de la justification de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique, le 31 octobre 1999. Il faut aussi citer la déclaration commune du Pape François et du patriarche Cyrille à l’occasion de leur rencontre à Cuba, le 12 février 2016.

 

« Augmente en nous la foi » (Lc 17, 5)

En ouvrant en septembre 2010 le synode diocésain, Mgr Aumonier, Évêque de Versailles, avait évoqué cette prière que les apôtres adressaient à Jésus lorsque celui-ci les incitait au pardon. Nous avons nous-mêmes à prier ainsi pour l’unité des chrétiens et à ne pas prendre le risque d’être le tiède que stigmatise l’auteur de l’Apocalypse (Ap. 3, 14).

Prière du Père COUTURIER

 

« Seigneur Jésus,
qui, à la veille de mourir pour nous,
as prié pour que tous tes disciples
soient parfaitement un,
comme toi en ton Père,
et ton Père en toi,
Fais-nous ressentir douloureusement
l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître
et le courage de rejeter
ce qui se cache en nous
d’indifférence, de méfiance,
et même d’hostilité mutuelle.

Accorde-nous

de nous rencontrer tous en toi,
afin que, de nos âmes et de nos lèvres,
monte incessamment ta prière
pour l’unité des chrétiens,
telle que tu la veux,
par les moyens que tu veux.

En toi, qui es la charité parfaite,
fais-nous trouver la voie
qui conduit à l’unité,
dans l’obéissance à ton amour
et à ta vérité
. Amen. »

Dans le cadre de cette semaine de prière, plusieurs événements sont organisés dans le diocèse.

Pour plus d'informations, vous pouvez aller sur l'agenda du diocèse.