« Nous sommes ressuscités avec le Christ » !

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

« Nous sommes ressuscités avec le Christ » !

(Extrait du Catéchisme de l’Eglise catholique. N° 1002-1009)

RESSUSCITES AVEC LE CHRIST

S’il est vrai que le Christ nous ressuscitera " au dernier jour ", il est vrai aussi que, d’une certaine façon, nous sommes déjà ressuscités avec le Christ. En effet, grâce à l’Esprit Saint, la vie chrétienne est, dès maintenant sur terre, une participation à la mort et à la Résurrection du Christ : Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui L’a ressuscité des morts (...). Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu (Col 2, 12 ; 3, 1)

Unis au Christ par le Baptême, les croyants participent déjà réellement à la vie céleste du Christ ressuscité (cf. Ph 3, 20), mais cette vie demeure " cachée avec le Christ en Dieu " (Col 3, 3) " Avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus " (Ep 2, 6). Nourris de son Corps dans l’Eucharistie, nous appartenons déjà au Corps du Christ. Lorsque nous ressusciterons au dernier jour nous serons aussi " manifestés avec lui pleins de gloire " (Col 3, 3).

Dans l’attente de ce jour, le corps et l’âme du croyant participent déjà à la dignité d’être " au Christ " ; d’où l’exigence de respect envers son propre corps, mais aussi envers celui d’autrui, particulièrement lorsqu’il souffre :

Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? (...) Vous ne vous appartenez pas (...) Glorifiez donc Dieu dans votre corps (1 Co 6, 13-15. 19-20).

MOURIR DANS LE CHRIST JESUS

Pour ressusciter avec le Christ, il faut mourir avec le Christ, il faut " quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur " (2 Co 5, 8). Dans ce " départ " (Ph 1, 23) qu’est la mort, l’âme est séparée du corps. Elle sera réunie à son corps le jour de la résurrection des morts (cf. SPF 28).

La mort

" C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet " (GS 18). En un sens, la mort corporelle est naturelle, mais pour la foi elle est en fait " salaire du péché " (Rm 6, 23 ; cf. Gn 2, 17). Et pour ceux qui meurent dans la grâce du Christ, elle est une participation à la mort du Seigneur, afin de pouvoir participer aussi à sa Résurrection (cf. Rm 6, 3-9 ; Ph 3, 10-11).

La mort est le terme de la vie terrestre. Nos vies sont mesurées par le temps, au cours duquel nous changeons, nous vieillissons et, comme chez tous les êtres vivants de la terre, la mort apparaît comme la fin normale de la vie. Cet aspect de la mort donne une urgence à nos vies : le souvenir de notre mortalité sert aussi à nous rappeler que nous n’avons qu’un temps limité pour réaliser notre vie : Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ton adolescence, (...) avant que la poussière ne retourne à la terre, selon qu’elle était, et que le souffle ne retourne à Dieu qui l’avait donné (Qo 12, 1. 7).

La mort est conséquence du péché. Interprète authentique des affirmations de la Ste Écriture (cf. Gn 2, 17 ; 3, 3 ; 3, 19 ; Sg 1, 13 ; Rm 5, 12 ; 6, 23) et de la Tradition, le Magistère de l’Église enseigne que la mort est entrée dans le monde à cause du péché de l’homme (cf. DS 1511). Bien que l’homme possédât une nature mortelle, Dieu le destinait à ne pas mourir. La mort fut donc contraire aux desseins de Dieu Créateur, et elle entra dans le monde comme conséquence du péché (cf. Sg 2, 23-24). " La mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché " (GS 18), est ainsi " le dernier ennemi " de l’homme à devoir être vaincu (cf. 1 Co 15, 26).

La mort est transformée par le Christ. Jésus, le Fils de Dieu, a souffert lui aussi la mort, propre de la condition humaine. Mais, malgré son effroi face à elle (cf. Mc 14, 33-34 ; He 5, 7-8), il l’assuma dans un acte de soumission totale et libre à la volonté de son Père. L’obéissance de Jésus a transformé la malédiction de la mort en bénédiction (cf. Rm 5, 19-21).

La peur de la résurrection

[extrait du livre Résurrection, mode d’emploi de Frabrice HADJDJ édition Magnificat]

Il y a de quoi avoir peur. La résurrection est très embê­tante non seulement pour les entrepreneurs de pompes funèbres mais aussi pour les veuves joyeuses et rema­riées, les héritiers qui se partagent le magot ou encore les assassins qui ont réussi à tourner la page. Quand Hérode apprend les guérisons opérées par Jésus, le voilà fort perplexe, car certains disaient: « C'est Jean qui est ressuscité d'entre les morts» (Lc 9, 7). On compatit volontiers à son inquiétude. Si les morts viennent à ressusciter, il y a de quoi être perplexe. Il n'est pas très agréable de croiser dans la rue une personne qu'on avait eu soin de décapiter l'avant-veille - et qui vous salue en soulevant sa tête avec son chapeau.

De façon plus générale, la foi en la résurrection vient détruire deux croyances contraires mais chacune assez commode en son genre: celle en la simple immortalité de l'âme, et celle en la mort comme total anéantissement. L’anéantissement vous permet d'ensevelir avec vous tous vos crimes ignorés. L’exclusive immortalité spirituelle vous permet de dédaigner le corps d'ici-bas, et d'agréer la mort comme une sortie de prison. Ces deux échappatoires nous sont désormais défendues. Pour faire un bon ressuscité, il faut d'abord être bien mort (et d'une mort qui reste scandaleuse). Mais, pour être bien mort, il faut d'abord bien vivre. --> Cf. le catéchisme cité contre.

Hérode l'avait pressenti: si l'on ne vit pas bien ici et maintenant, si l'on n'aime pas déjà son prochain, une résurrection générale risque de se passer assez mal pour un exterminateur consciencieux, puisqu'il serait obligé d'y côtoyer sa victime glorieuse (mais l'événement sera plus douloureux encore pour le riche et hautain philanthrope, condamné à rencontrer réellement des pauvres qui n'auront plus besoin de son argent). D'où cet avis mitigé du prophète Daniel (12, 2): Un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’éternelle opprobre.

Mais il y a encore autre chose. Si Jésus revient avec son corps et parmi nous, c'est qu'il peut être assez bon de vivre dans un corps et de se promener sur la terre. Jusqu'ici, les femmes pouvaient n'être que des pleureuses. Elles pouvaient reporter le moment de la joie dans un autre monde. Elles pouvaient se dire que ça ne serait bien qu'ailleurs, loin du quotidien, loin du ménage, dans un futur sans entrailles, où tout fonctionne sans heurt. Et voici qu'au lieu de partir directement au ciel, le Seigneur est là, il s'attarde, il emploie à nouveau les mots de tous les jours et va même faire un peu de cuisine au feu de bois. [Cf. Jn 21,9]

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