De l'autre côté du voile...

par Paroisse Bougival  -  #Enseignement

De l'autre côté du voile...

Pour contempler le mystère de l’Ascension et s’en émerveiller (Père Daniel Ange)

Au Ciel, à ce moment-là, c'est une fête fabuleuse, défiant l'ima­gination. Les anges sont saisis de stupeur, de frayeur et de bonheur :

« Mais qui donc est-il, celui-là, qui vient de Jérusalem magnifiquement drapé dans son manteau étincelant ? Et pourquoi ce rouge à son manteau ? » (Is 63, 1) Et les autres de répondre en chœur : « C'est lui le Roi de gloire ! Ouvrez-lui toutes les portes ! Portes, ouvrez-vous toutes grandes ! » (Ps 23)

Car les anges sont les gardiens des portes de la Cité céleste. Ils sont saisis de stupeur et de bonheur, parce qu'on l'avait vu descendre, il y a 33 ans, se faire nouveau-né ... Et maintenant, le voici dans sa pleine stature d'homme ! Le comble : il garde dans sa chair les marques mêmes de la souffrance humaine. Les signes de son passage sur terre. Mais blessures devenues glorieuses !

Son entrée à Jérusalem, acclamée par les jeunes, se réalise maintenant : toute la foule des saints et des anges acclame follement son Roi dans le Royaume.

Autre sujet de stupeur et de bonheur : il était parti tout seul, et le voici qu'il revient suivi d'une multitude ! C'est le Berger menant tout son troupeau lavé dans son sang - jusqu'à la plus perdue des perdues - qui rentre au bercail. Et le Père voit d'avance tous ceux qui vont entrer dans le Royaume à travers cette brèche ouverte dans le mur de béton de la mort. Brèche à jamais ouverte !

Quand j'étais pâtre dans la montagne, durant mes longues années d'ermitage, un soir, j'observais le travail d'un berger qui posait une clôture de bois autour de mon petit potager. Il me semblait que les espaces entre les planches étaient extrêmement serrés, et je lui en fis la remarque, lui disant que de toute façon un mouton ne pouvait pas passer à travers de si petits espaces. Il me répondit : « Là où passe la tête, là passe aussi le corps ! » Sans le savoir, ce berger reprenait le mot des Pères de l'Église. Là où est passé Jésus, tout le Corps, toute l'Église, toute l'humanité de Jésus va passer ...

Une autre fois, survient un gros orage. Il faut faire rentrer le troupeau (quelque 350 têtes) dans une bergerie tout juste achevée. Devant l'inconnu, aucune brebis n'ose s'aventurer. Et le chien d'aboyer. (...) Cabrées, les bêtes n'osent faire un pas vers cette mystérieuse bergerie inconnue d'elles. Rien à faire ! Tout à coup, on ne sait comment, une brebis se détache du reste du troupeau, s'élance la première, tête haute. Immédiatement, les 349 autres s'engouffrent derrière elle, comme un seul homme !

Jésus nous a frayé la route, et tous nous passons derrière lui. Et de la mort, tu aurais encore peur ?