A propos de la table de communion…

par Paroisse Bougival  -  7 Mars 2021, 17:24  -  #Enseignement, #VIE de la PAROISSE

A propos de la table de communion…

La communion des fidèles a connu au cours de l’Histoire de l’Église divers usages : du déplacement du prêtre à chaque fidèle au déplacement du fidèle jusqu’à l’autel. 
Ainsi, en Gaule, on voit qu’au 4ème siècle, on ouvrait la « clôture » donnant sur le sanctuaire pour que les fidèles avancent jusqu’à l’autel (Synode de Tours en 567). Usage qui fut restreint à l’époque carolingienne.

On note que très tôt le chœur des églises était architecturalement délimité. Ainsi St Augustin avertit que ceux qui n’ont plus le droit de communier ne doivent pas s’avancer pour qu’on n’ait pas à les écarter du cancelle !

La Sainte Messe s’inscrit dans la ligne du sacrifice accomplit au Temple de Jérusalem où le lieu sacré par excellence « le saint des saints » était accessible au grand prêtre qu’une fois l’an (cf. Zacharie dans Luc, 1:8-11)
Les cancelles, grilles, Jubés, etc. délimitèrent ainsi matériellement le lieu sacré par excellence où se situe l’autel, lieu du Sacrifice de la Croix rendu présent à chaque messe.

Durant la période paléochrétienne, le templon, simple balustrade basse, parfois surmontée de rideaux, séparait le sanctuaire de l'assemblée des fidèles. 
Le développement ultérieur de cette clôture aérée et muette en fit, en Orient, un des principaux supports éloquents des images saintes : c’est ce qui a donné les iconostases.
En Occident, ce sont surtout les Jubés qui fleurirent à partir de ces cancelles, en particulier au Moyen Age.

Depuis le 13ème siècle, l’habitude se prit également çà et là d’étendre devant les communiants, agenouillés alors à l’autel, une nappe tenue par 2 acolytes. 

Au 16ème siècle, on posa cette nappe sur une table ou sur un banc qu’on apportait pour les placer entre la nef et l’endroit où se tenaient les prêtres. Des synodes (comme à Gênes en 1574) en louent l’effet bénéfique pour canaliser les allées et venues des fidèles !
Puis peu à peu, cela fut abandonné pour revenir à des « clôtures » fixes de bois ou de pierre assez basses pour s’agenouiller. Ce sont les « tables de communion » qui depuis le 17ème siècle remplacent les Jubés.

Ce n’est que relativement récemment, qu’à l’occasion de l’édification de nouveaux autels, on supprima dans beaucoup d’endroits les bancs de communion bien qu’aucune norme liturgique le demande.

Alors que l’usage de communier à genoux et dans la bouche non seulement n’a pas été supprimé mais a été recommandé maintes fois par les derniers souverains Pontifes, on se retrouve donc avec des fidèles devant s’agenouiller à même le sol, ce qui n’est pas des plus aisé, en particulier pour les personnes âgées, enceintes ou ayant des soucis d’articulations…

Tout en laissant la possibilité pour ceux souhaitant communier debout de le faire, le banc de communion permettra ainsi une communion moins acrobatique pour ceux qui veulent recevoir le Seigneur à genoux !
Il permettra en outre de pouvoir prendre un bref instant de recueillement avant et après avoir reçu la communion le temps que le prêtre finisse de donner la communion aux autres personnes qui se sont avancées sur la longueur du banc (ce que permet plus difficilement une procession en file indienne).

De plus, recevoir ainsi la Communion manifestera davantage la dimension ecclésiale et

communautaire de ce « repas sacré où le Christ se donne en nourriture » (St Thomas d’Aquin) pour faire un seul corps l’Église (Cf. Catéchisme Église Catholique n° 1396), ayant des « voisins de table » ! (Table sainte j’entends).

Puisse cet usage faire grandir en nous la joie et l’émerveillement de ce si grand sacrement qui nous permet de « recevoir le Pain des anges » (panis angelicus), le « Sacrement de la piété, le signe de l'unité, le lien de la charité » (St Augustin) !

Comment ces bancs de communion sont arrivés chez nous ?
Grâce à un site internet belge d’annonces entre particuliers (« 2ememain »), nous avons trouvé ces 2 morceaux de bancs de communion en vente … D’après les souvenirs de la maman âgée de la vendeuse, ils sont originaires d’une église de Tourcoing qui a été démolie dans les années 1970-1980. Ils auraient été reçus par son père en règlement d’une facture qu’un client ne pouvait payer !
Une fois contact pris, il fallait pouvoir les acheminer… Or, nous ne pouvions nous y rendre avec une camionnette de location car les frontières étaient fermées en raison du Covid 19… 
Or, Providence divine, un paroissien travaillant à Bruxelles s’est gentiment et généreusement proposé le lendemain de la prise de contact avec la vendeuse !!!  Ni une ni deux et voilà le tout chargé deux jours plus tard dans sa voiture (cela rentrait tout juste !) et arrivé à Bougival…
« Quelques » travaux menuisiers d’aménagement pour compléter le tout, l’achat en Allemagne de coussins matelassés et voilà ces bancs aux éléments internationaux « en état de fonctionnement »…
Mais n’oublions pas l’essentiel… derrière tout cela, il y a une neuvaine à St Joseph
 😊😊😊

avant travaux menuisiers

  

Après travaux menuisiers

 

Dans l’introduction au missel romain actuel, on peut lire :

Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des évêques. Quand ils communient debout, il leur est recommandé, avant de recevoir le Sacrement, de faire un geste de vénération approprié, que la Conférence des évêques aura établi (n° 160).

Si la communion est donnée seulement sous l’espèce du pain, le prêtre montre à chacun l’hostie en l’élevant légèrement et dit : Corpus Christi (le Corps du Christ). Le communiant répond : Amen, et reçoit le Sacrement dans la bouche ou bien, là où cela est autorisé, dans la main, selon son choix (n° 161).

Et dans l’Instruction Redemptionis Sacramentum (25/03/2004), la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements dispose :

Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche. Si un communiant désire recevoir le Sacrement dans la main, dans les régions où la Conférence des évêques le permet, avec la confirmation du Siège apostolique, on peut lui donner la sainte hostie. Cependant, il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles (n° 92).

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