A propos de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.

par Paroisse Bougival  -  25 Avril 2021, 20:36  -  #Enseignement, #VIE de L'EGLISE

A propos de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.

St Jean Paul II témoigne de l’importance de ce saint dans sa vie… (D’après un article sur le site Aleteia 21/05/2018)

Le pape polonais n’a jamais caché l’influence de ce grand saint français dans sa très forte dévotion mariale. Tout jeune homme, alors ouvrier à l’usine de Solvay pendant la Seconde Guerre mondiale, il découvre le rôle de Marie en lisant son Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie. Si, depuis sa plus tendre enfance, Karol Wojtyla grandit dans la proximité avec Marie, il lui semble préférable, au moment d’entrer au séminaire, de prendre quelque distance avec elle. Il le reconnaîtra plus tard, il craignait que cela nuise à l’adoration due au Christ. " Mais grâce à saint Louis-Marie Grignion de Montfort – écrit-il en 2004 dans la Lettre aux Religieux et Religieuses des familles montfortaines – j’ai compris que l’authentique dévotion à la Mère de Dieu est véritablement christocentrique (…). La lecture du Traité de la vraie dévotion a marqué dans ma vie un tournant décisif. Je dis un “tournant” bien qu’il s’agisse d’un long cheminement intérieur qui a coïncidé avec ma préparation clandestine au sacerdoce. Je me suis aperçu (…) de quelque chose de fondamental. Il s’en est suivi que la dévotion de mon enfance et même de mon adolescence envers la Mère du Christ a fait place à une nouvelle attitude, une dévotion venue du plus profond de ma foi, comme du cœur même de la réalité trinitaire et christologique ".

Une devise inspirée
Sa devise pontificale Totus Tuus s’inspire directement de la spiritualité de st Louis-Marie Grignion de Montfort. C’est ce qu’il confirme dans cette même lettre de 2004 :  “Ces deux paroles expriment l’appartenance totale à Jésus à travers Marie : « Tuus totus ego sum, et omnia mea tua sunt », écrit saint Louis-Marie et il traduit : « Je suis tout à vous, et tout ce que j’ai vous appartient, ô mon aimable Jésus, par Marie, votre sainte Mère » (Traité de la vraie dévotion, n. 233). La doctrine de ce saint a exercé une profonde influence sur ma dévotion mariale et sur ma propre vie.”
St Louis-Marie est le fondateur de 2 congrégations : la Compagnie de Marie – connue sous le nom des Pères Montfortains – et les Filles de la Sagesse, congrégation qu’il fonde en 1703, avec la Bienheureuse Marie-Louise Trichet. Ascète, proche des pauvres, grand prédicateur, il sillonne l’ouest de la France avec la passion d’évangéliser de nouveau les campagnes. Le pape Clément XI lui donna le titre de Missionnaire Apostolique. Son apostolat sans relâche, ses mortifications et ses privations finissent par l’épuiser. Il meurt à 43 ans.

“À Jésus par Marie”
Jean Paul II a tenu à marquer son attachement à St Louis-Marie, notamment en se rendant sur sa tombe, à St Laurent sur Sèvre en Vendée, en 1996. La spiritualité de Grignion de Montfort consacre le rôle éminent de Marie, celle qui enfante le Christ et qui, à notre tour, nous enfante dans le Christ. Il laisse de nombreux ouvrages de spiritualité, dont le « Traité de vraie Dévotion à la Vierge Marie » et « La Prière Embrasée », qui ont exercé une grande influence en France à partir du XVIIIème siècle.
Des historiens n’hésitent pas à voir en lui celui qui a rechristianisé la Vendée et la Bretagne, ce qui aurait fortement contribué à leur résistance à la Révolution “païenne” de 1789. Depuis, les textes de Grignion de Montfort n’ont cessé d’être lus pendant ces 4 derniers siècles. Canonisé en 1947 par Pie XII, l’Église a envisagé de le proclamer Docteur de l’Église dès les années 1920, cause qui est toujours ouverte à Rome aujourd’hui.

La prière la plus pratiquée au monde 
Sa prière la plus connue, la Consécration à Marie, est aujourd’hui l’une des prières mariales les plus pratiquées au monde : « Je te choisis aujourd’hui, ô Marie, en présence de toute la cour céleste pour ma mère et ma reine. Je te livre et consacre, en toute soumission et amour mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, te laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient sans exception, selon ton bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu dans le temps et l’éternité. »

Le saviez-vous ? 

Connu pour être « le saint de la Vendée », saviez-vous qu’il a cependant exercé son ministère à moins de 10 Km à vol d’oiseau de Bougival ? Explication par un religieux Rédemptoriste, le Père Rey-Mermet :

Ermite au Mont Valérien ?
Cette butte qui domine Suresnes, à l'Ouest de Paris, (ndlr) est aujourd'hui tristement célèbre pour les 4500 Français que les Allemands y passèrent par les armes de 1941 à 1944. Mais qui sait aujourd'hui qu'avant le fort que Thiers y construisit, il était, depuis le XVe siècle, peuplé d’ermitages ? 
Dans les années 1700, sur le versant de Puteaux, y vivait une communauté d'ermites - si l'on peut dire - assez semblable à celles des Chartreux : cellules particulières, messe et office en commun, silence perpétuel. Travail manuel et prières se partageaient leurs journées. 
La paix communautaire n'est jamais acquise une fois pour toutes entre parlants ; elle est paradoxalement plus difficile entre silencieux : les occasions de friction sont les mêmes, mais sans l'exécutoire d'une bonne explication verbale. La discorde s'était donc infiltrée parmi ces moines. Leur supérieur ecclésiastique, François de Madot, pria l'abbé Grignion, au nom de l'archevêque de Paris, d'y restaurer la ferveur et l'entente. Preuve que la singularité de ce prêtre pauvre n'avait pas caché à tout le monde sa prudence et sa sainteté. 
« On fut donc, écrit savoureusement Louis Le Crom, quérir l'humble prêtre sous le boisseau de son réduit, pour le placer sur le chandelier. » 
Ce « chandelier » se trouvait être l'éminence la plus élevée de la région où, par ce dur hiver 1703-1704, les vents glaciaux ne cessèrent de jouer avec la pluie et la neige. Blain nous dit : « Son recueillement, son esprit d'oraison, sa ferveur, sa mortification étonnèrent ces bons frères… Il suivait le train de leur règlement, se trouvait à tous les exercices et leur donnait l'exemple de toutes les vertus les plus difficiles. Ces solitaires si austères ne paraissaient plus l'être devant lui, car à toutes leurs pénitences il ajoutait les siennes. Ils le voyaient entre les exercices communs dans leur chapelle, toujours à genoux et en oraison, glacé et tremblant de froid, parce que sa pauvre soutane et peut-être quelque mauvaise camisole ne pouvait pas l'échauffer et le défendre de l'âpreté du froid, qui est plus piquant dans les lieux élevés. 
« Ils en eurent pitié, et le prièrent de prendre un de leurs habits. Ainsi l'homme de Dieu, revêtu de la robe blanche de ces ermites, paraissait et vivait parmi eux comme l'un d'eux. » 

Ses paroles et son exemple rétablirent l'harmonie. Mission accomplie, il regagna sa rue Pot-de-Fer. Sa vocation n'était pas de vivre avec ces ermites.

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