8 SEPTEMBRE : FÊTE DE LA NATIVITÉ DE LA STE VIERGE

par Paroisse Bougival  -  5 Septembre 2021, 16:40  -  #VIE de L'EGLISE

8 SEPTEMBRE : FÊTE DE LA NATIVITÉ DE LA STE VIERGE

SERMON DU St curé D’ARS (Extrait)

C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur. (Mt., I 6.) 

Voilà, mes frères, en deux mots, l'éloge le plus complet que l'on puisse faire de Marie, en disant que c'est d'elle que nous est né Jésus Fils de Dieu. Oui, Marie est la plus belle créature qui soit jamais sortie des mains du Créateur. Dieu lui-même la choisit, pour être le canal par lequel il devait faire couler ses grâces les plus précieuses et les plus abondantes sur tous ceux qui auraient confiance en elle. Dieu nous la représente comme un beau miroir où il se reflète comme un modèle accompli de toutes les vertus. Aussi voyons-nous que l'Église la considère comme sa Mère, sa patronne et sa puissante protectrice contre ses ennemis ; qu'elle s'empresse de célébrer avec la plus grande pompe le jour heureux où ce bel astre commença à briller sur la terre. La naissance des grands du monde nous inspire des craintes et des alarmes, parce que nous ne savons pas s'ils seront justes ou pécheurs, sauvés ou réprouvés ; nous ne savons pas, dis-je, s'ils rendront leurs peuples heureux ou malheureux. Mais pour Marie nous n'avons nulle crainte.
Elle naît pour être Mère de Dieu, et, par sa naissance, nous apporte toutes sortes de biens et de bénédictions. Dieu nous la propose pour modèle, dans quelque état et dans quelque condition que nous puissions être. Livrons-nous donc, mes frères, avec toute l'Église, à une sainte joie, et admirons dans cette Vierge sainte le modèle des vertus les plus parfaites ; considérons Marie comme ayant été destinée de toute éternité à être la mère du Fils de Dieu et la nôtre ; enfin, contemplons avec reconnaissance les dons et les grâces renfermés dans la Médiatrice que Dieu a préparée aux hommes. Mais prêtez-moi votre attention ; car, vous parler de Marie, n'est-ce pas intéresser vos cœurs en vous entretenant de l'objet de votre confiance et de votre amour.
Mes frères, s'il était nécessaire pour vous inspirer une tendre dévotion à Marie, de vous montrer combien est grand le bonheur de ceux qui ont confiance en elle ; combien sont nombreux les secours, les grâces et les avantages qu'elle nous peut obtenir ; s'il était nécessaire, dis je, de vous montrer l'aveuglement et le malheur de ceux qui n'ont que de l'indifférence et du mépris pour une Mère si bonne et si tendre, si puissante et si portée à nous faire éprouver les effets de sa tendresse, je n'aurais qu'à interroger les patriarches et les prophètes, et vous verriez dans toutes les grandes choses que l'Esprit-Saint leur a fait dire sur Marie, un sujet de confusion à la vue des bas sentiments dont vous n'êtes que trop souvent remplis pour cette bonne Mère. Ensuite, si je vous faisais le récit de tous les exemples que les saints en ont tirés nous ne pourrions que déplorer notre aveuglement et ranimer notre confiance envers elle. D'abord, rien n'est plus capable de nous inspirer une tendre dévotion à la sainte Vierge, que le premier trait que nous lisons dans l’Écriture sainte, où nous voyons Dieu lui-même annoncer le premier, la naissance de Marie.
Lorsque nos premiers parents eurent le malheur de tomber dans le péché, Dieu, touché de leur repentir, promit qu'un jour viendrait où naîtrait une Vierge qui enfanterait un fils, pour réparer le malheur causé par leur péché [GEN. III, 15.] . Dans la suite, les 

prophètes, après lui, n'ont cessé d'annoncer de siècles en siècles, pour consoler le genre humain qui gémissait sous la tyrannie du démon, qu'une Vierge enfanterait un fils, qui serait le Fils du Très-Haut, et envoyé par le Père pour racheter le monde, perdu par le péché d'Adam [Is. VII, 14.]. Tous les prophètes annoncent qu'elle sera la plus belle créature qui ait jamais paru sur la terre. Tantôt ils l'appellent l'Étoile du matin, qui éblouit toutes les autres par son éclat et sa beauté, et qui, en même temps, sert de guide au voyageur sur la mer ; afin de nous montrer par là, qu'elle serait un modèle accompli de toutes les vertus. C'est donc avec raison que l'Église dit à la sainte Vierge, dans un tressaillement d'allégresse : « Votre naissance, ô Vierge sainte Marie, remplit le monde entier d'une douce consolation et d'une sainte allégresse, parce que c'est de vous qu'il nous est né ce Soleil de justice, notre Jésus, notre Dieu, qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés par le péché de nos premiers parents, et nous a comblés de toutes sortes de bénédictions. » Oui, c'est vous, Vierge sans pareille, Vierge incomparable, qui avez détruit l'empire du péché et rétabli le règne de la grâce. « Levez-vous, dit l'Esprit-Saint, sortez du sein de votre mère, vous qui êtes ma plus chère, aussi bien que ma plus belle amante, venez, tendre colombe, dont la pureté et la modestie sont sans égales, montrez-vous sur la terre, paraissez au monde comme celle qui doit embellir le ciel et rendre la terre heureuse. Venez et paraissez avec tout l'éclat dont Dieu vous a ornée, car vous êtes le plus bel ouvrage de votre Créateur. » En effet, quoique la sainte Vierge fût dans les voies ordinaires, l'Esprit-Saint voulut que son âme fût la plus belle et la plus riche en grâces ; il voulut aussi que son corps fût le plus beau corps qui ait jamais paru sur la terre. L'Écriture la compare à l'aurore dans sa naissance, à la lune dans son plein, au soleil dans son midi [CANT. VI, 9.] . Elle nous dit encore qu'elle a une couronne de douze étoiles [APOC. XII, 1], et est établie dispensatrice de tous les trésors du ciel. Depuis la chute d'Adam, le monde était couvert de ténèbres affreuses ; alors Marie paraît, et, comme un beau soleil dans un jour serein, dissipe les ténèbres, ranime l'espérance et donne la fécondité à la terre. Dieu, mes frères, ne devait-il pas dire à Marie, comme à Moïse [EXOD. III]: « Va délivrer mon peuple, qui gémit sous la tyrannie de Pharaon ; va lui annoncer que sa délivrance est proche, et que j'ai entendu sa prière, ses gémissements et ses larmes. Oui, Marie, semble-t-il dire, j'ai entendu les gémissements, j'ai vu les larmes des patriarches, des prophètes et de tant d'âmes qui soupirent après l'heureux moment de leur délivrance. » En effet, mes frères, Marie, encore bien mieux que Moïse, annonce que bientôt nos malheurs vont cesser et que le ciel va se réconcilier avec la terre. O quels trésors apporte au ciel et à la terre la naissance de Marie ! Le démon frémit de rage et de désespoir, parce que, dans Marie, il voit celle qui doit l'écraser et le confondre. Au contraire, les anges et les bienheureux font retentir la voûte des cieux de chants d'allégresse en voyant naître une Reine qui doit donner à leur beauté un nouvel éclat.

« QUAND MARIE VINT AU MONDE, ELLE NOUS APPORTE LES PREMICES DE NOTRE SALUT » 

(PERE DOM ROY, DEUXIEME ABBE DE FONTGOMBAULT)

« Quand Marie vint au monde, elle nous apporte les prémices de notre salut, et ce fut alors une grande fête, mais plus pour les anges qui, entourant son berceau, la vénéraient déjà comme leur Reine, que pour les hommes qui dans l'ensemble ignorèrent alors l'évènement. Dieu seul d'ailleurs connaissait complètement ce chef-d’œuvre de sa création qu'était Marie. Admirons la simplicité, la discrétion des voies de Dieu et la petitesse de la plus grande des pures créatures, modèle achevé d'enfance spirituelle. Saint Augustin dit quelque part, en parlant du mystère de Noël : "Nous avons le Christ Enfant, grandissons avec lui". Toute notre croissance vient du Christ, et la grâce de Noël, la grâce du tout petit Enfant de Bethléem agit puissamment dans les âmes fidèles. Remarquons toutefois que le Christ fut parfait dès l'instant de l'Incarnation, et que la grâce qu'il avait en lui en perfection dès cet instant, n'a pu augmenter au cours de sa carrière terrestre. Chez Marie au contraire, la plus proche de nous, la grâce n'a cessé d'augmenter tout au long de sa vie sur la terre. Disons donc aujourd'hui : "Nous avons Marie Enfant, grandissons avec Elle", comme Elle et par Elle aussi. 
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, qui fit profession religieuse un 8 Septembre, avait bien compris ce mystère de la Nativité de Notre-Dame, et c'est pourquoi elle écrivait dans son autobiographie : "Quelle belle fête que la Nativité de Marie pour devenir l'épouse de Jésus ! C'était la petite Sainte Vierge d'un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... Ce jour-là tout était petit, excepté les grâces et la paix que j'ai reçues, excepté la joie paisible que j'ai ressentie le soir, en regardant les étoiles scintiller au firmament, en pensant que bientôt le beau Ciel s'ouvrirait à mes yeux ravis et que je pourrais m'unir à mon Époux au sein d'une allégresse éternelle". C'était le 8 Septembre 1890. » 

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