Une contemporaine du St Curé d’Ars va être béatifiée

par Paroisse Bougival  -  10 Octobre 2021, 20:37  -  #Enseignement, #VIE de L'EGLISE

Une contemporaine du St Curé d’Ars va être béatifiée

Une contemporaine du St Curé d’Ars va être béatifiée  1
        La vénérable Pauline JARICOT (1799 - 1862) 

Connue pour être à l’origine de l’Œuvre de la Propagation de la Foi (aujourd’hui inclue dans les Œuvres Pontificales Missionnaires) cette lyonnaise est sans doute moins connue comme également fondatrice du « ROSAIRE VIVANT ».

Retour historique :
(D’après un article paru sur le site « tradition monastique » des bénédictins St Joseph de Clairval)

A l'occasion du grand jubilé de l'année 1825, le Pape Léon XII adressa aux fidèles une Encyclique, véritable cri d'alarme, signalant les dangers qui menaçaient l'Église et la France en particulier. En effet, livrée tout entière au plaisir, la société française se précipitait, sans s'en douter, vers les abîmes. Les sociétés secrètes avaient repris leur travail de sape de la société et de l'Église. Un peu contre toute attente, ce jubilé provoqua un retour général vers Dieu, particulièrement en France.

Dernière d'une famille de 7 enfants, baptisée par un prêtre réfractaire, Pauline Jaricot est la fille de soyeux de Lyon. À la suite d’un prêche sur la vanité, entendu en l’église St-Nizier à Lyon, une transformation intérieure s’opéra et elle changea radicalement de vie : elle abandonna ses bijoux, décida de se vêtir simplement comme les ouvrières et se mit à visiter et servir les pauvres. Sa conversion la conduisit, le jour de Noël 1816, à faire un vœu privé de chasteté à la chapelle Notre Dame de Fourvière.

Notre Seigneur lui ayant donné une connaissance extraordinaire des menées de l'impiété, elle s'offrit en victime pour obtenir le salut de l'Église et de la France et se dépensa pour le salut des âmes, en particulier en lançant le « Rosaire vivant ». Voici le récit qu’elle en donne :
« Bientôt, écrit-elle, les maux de ma patrie augmentant à vue d’œil, il ne me fut plus possible de mettre en doute la vérité de la lumière intérieure qui me les avait montrés si longtemps d’avance.
Dévorée de regrets, dans la crainte que Dieu n’eût rejeté mon offrande, toujours désolée des malheurs et des crimes de la coupable France, je me reprochais ces malheurs et ces crimes, me croyant responsable du sang de mes frères, pour n'avoir pas empêché leur châtiment par de continuelles supplications. Je sentais le feu de la justice mêlée d’amour pénétrer plus que jamais toute la substance de mon cœur. Comme je n’osais pas croire à la possibilité de réparer le temps perdu, je désirais qu'il me fût au moins permis de faire passer dans les âmes plus fidèles et plus pures que la mienne, le sentiment vif et profond que Dieu me donnait de la grandeur de son indignation contre son peuple, et de la puissance de la prière pour le désarmer. Au moment où je m’y attendais le moins, la bonté divine me fournit le moyen de parvenir à mon but.
J'avais entendu parler des admirables effets du saint Rosaire, et j’espérais que s'il m’était possible d'en raviver la dévotion, cette céleste prière calmerait le courroux divin et produirait dans les âmes des fruits de salut. Mais l'occasion me manquait. La Providence daigna me la fournir, en inspirant à l'un des plus fidèles serviteurs de Marie (M. l’abbé Wurtz), de former une petite société destinée à répandre des objets de dévotion.
Ce fut alors que Notre-Seigneur m’envoya l’idée de profiter de cette circonstance pour organiser le Rosaire vivant.
Jusque-là, je m’étais demandé comment il serait possible de présenter à la légèreté française, à son peu d'attrait pour la méditation et la prière, une pratique regardée depuis longtemps comme surannée, et qu'on abandonnait aux ignorants dont si peu de personnes prétendent faire partie ? Comment surtout espérer que les malades spirituels, auxquels l’excès de la faiblesse a ôté le sentiment du mal et même le désir de la guérison, accepteraient un remède dont la dose effraie quiconque n'en connaît pas la douceur ?
Tel était mon embarras, quand j’envisageai le moyen à prendre pour rajeunir la dévotion du Rosaire, tel qu’il avait été enseigné à saint Dominique.
La nécessité de diviser et de subdiviser le nombre des personnes, réunies en association pour répandre les objets de piété, me donna la pensée de faire proposer par elles la pratique journalière du Rosaire, lequel, divisé entre quinze associés, devait ne laisser à chacun qu’une seule dizaine à réciter par jour.
La condescendance de votre cœur, aimable Jésus, me suggéra, sans doute, ce moyen, qui par la simplicité de sa forme, venait au secours de la faiblesse de vos enfants. Car bientôt, sous la dénomination de Rosaire-vivant, l'antique prière de saint Dominique, parut une nouvelle et gracieuse dévotion, si bien que ce salutaire remède, ainsi présenté, fut reçu avec joie et empressement.
Dès lors, commença pour la France et pour le monde entier, une nouvelle série de grâces, malgré tous les efforts que fit le démon pour étouffer, dès le premier jour, le Rosaire vivant. Il se servit surtout de personnes estimables, et même pieuses, pour contrarier et paralyser mes faibles efforts. »

Si l’Esprit Saint suscite en vous le désir qu’on lance sur la paroisse un Rosaire vivant, n’hésitez pas à vous faire connaître…

[1] Après avoir été déclarée vénérable part St Jean XXIII en 1963, un miracle ayant été reconnu en mai 2020, le Pape François a décrété que sa béatification aurait lieu le 22/05/2022

La 1ère fois que le père Jean-Marie Vianney rencontre Pauline Jaricot, c’est en 1816. Pauline, âgée alors de 17 ans, est la fille d’un riche commerçant lyonnais. Son père invite souvent les prêtres voisins à déjeuner, et c’est ainsi que le curé d’Écully (proche banlieue lyonnaise) se présente un jour avec son vicaire âgé de 30 ans, le père Vianney. Lors de cette rencontre, Pauline lui raconte le récent passage de frères de Saint Jean de Dieu, venus quêter pour leurs malades. Ces frères lui ont parlé d’une jeune martyre qui attirait beaucoup de monde, et faisait des miracles, et dont les ossements viennent d’être découverts à Rome. Elle s’appelle Philomène. Or, le Père Vianney a également une grande dévotion pour les martyrs des premiers siècles. Pauline lui offrit une relique de cette sainte. Le nombre de pèlerins commençant alors à augmenter à Ars, plusieurs guérisons ou faits extraordinaires attiraient les curieux : Monsieur Vianney ne savait que faire. Il exposa la relique dans son église et il lui attribua vite tout ce qui arrivait d’extraordinaire.
Devenu curé d’Ars en 1821, le Père Vianney ne rompit pas ses liens avec la famille Jaricot ni avec Pauline, et n’hésita d’ailleurs pas à leur demander un soutien financier ! Il encouragea par ailleurs Pauline, qui vient lui rendre visite à Ars, à poursuivre ses œuvres de charité.
En 1834, de retour d’un pèlerinage à Mugnano (Italie), Pauline lui offrit une petite châsse contenant une statue de sainte Philomène qu’il plaça dans sa chambre. Lors de l’incendie qui la ravagea en 1857, les flammes s’arrêtèrent à la limite du reliquaire…
En mars 1859, Pauline Jaricot, alors âgée de 59 ans, passa une dernière fois à Ars. Transie de froid, on l’a fit monter dans la chambre de M. Vianney et celui-ci se précipita pour y allumer un feu. Devant son incapacité à le faire, elle lui dit : « Mr le Curé, n’essayez pas de remédier au froid ; j’y suis habituée. Réchauffez plutôt ma pauvre âme par quelques étincelles de foi et d’espérance ».
Il la réconforta en lui parlant de la bonté du Seigneur. Au moment de repartir, il lui remit une petite Croix de bois pour méditer les mystères douloureux, puis il la bénit ; ce fut leur dernière entrevue.

 

Inscriptions sur la croix : « Dieu seul pour témoin, Christ pour modèle, Marie pour soutien, et puis rien, rien qu’amour et sacrifice. L’amour-propre en murmure mais tout bas je lui dis : Le ciel en est le prix »

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