A propos du sanctuaire de Notre Dame "de Lorette" en Italie

par Paroisse Bougival  -  5 Décembre 2021, 22:47  -  #VIE de L'EGLISE

A propos du sanctuaire de Notre Dame "de Lorette" en Italie

Le rayonnement de ce sanctuaire italien est si grand que le calendrier liturgique catholique romain propose une mémoire liturgique pour célébrer la "Translation de la Sainte Maison de Lorette", le 10 décembre
Le mot "translation" signifie "transport" : l'actuel sanctuaire, construit au XV° et XVI° siècle, abrite une maison, dite "la sainte Maison", dont les pierres proviennent de la maison de la Vierge Marie de Nazareth.

A Nazareth, l'habitation de la Vierge Marie comprenait deux parties à savoir : 
1. une grotte creusée dans le roc (elle est encore visible dans l'actuelle Basilique de Nazareth), 


2. et, devant l'ouverture de cette grotte, un espace entouré par trois murs. 
Après la bataille de Saint Jean d'Acre en 1291 les Croisés durent quitter définitivement la Palestine. C'est alors que les pierres des trois murs de la Maison habitée par la Vierge Marie à Nazareth furent transportées d'abord à Tersatto, en Illyrie (aujourd'hui la Croatie) puis à Lorette où ces pierres sont arrivées le 10 Décembre 1294. 
Ces trois murs transférés à Lorette où ils sont vénérés constituent "la Sainte Maison" et qui est devenue le 1er sanctuaire de portée internationale dédié à la Vierge, et pendant plusieurs siècles, « vrai cœur marial de la chrétienté » (saint Jean Paul II) 
La tradition rapporte que cette « Sainte Maison » a été transportée par le "ministère des Anges". 
De nombreuses études encore récemment ont permis de constater que :
* Les pierres des trois murs, posées à même le sol, sans fondations, s'élèvent à 2,50- 3 mètres. Elles sont faites d'un aggloméra tout à fait inconnu dans les Marches italiennes.

Les experts le reconnaissent comme un matériau utilisé par les Nabatéens pour leurs constructions en Galilée.  L'étude des moellons a confirmé qu'ils épousent parfaitement les traces repérées sur la grotte de Nazareth.
* Les graffiti inscrits sur les pierres ont des thèmes judéo-chrétiens et ont grande parenté avec ceux inscrits sur les parois de la grotte restée à Nazareth.
* On a découvert entre les pierres de la Sainte Maison cinq croix 1 rouge datant de l'époque des croisades. 
La « Sainte Maison » a été visitée par environ 200 saints et béatifiés (Parmi eux Saint François de Sales où il y a fait ses vœux de célibat,  Sainte Thérèse de Lisieux - avant qu'elle aille demander au pape la permission d'entrer au Carmel à l'âge de 15 ans, Saint Maximilien Kolbe, peu de temps avant d'être emmené au camp de concentration); et par de nombreux Papes, dont récemment Saint Jean Paul II (3 fois), Benoît XVI (Les 1er et 2 septembre 2007 pour y vivre une fête de la foi avec les jeunes de la ville et le 4 octobre 2012, pour renouveler le pèlerinage que saint Jean XXIII y avait effectué 50 ans auparavant, à quelques jours de l'ouverture du concile Vatican II), le Pape François le 25 mars 2019.

Benoît XVI, Extrait de l’homélie du 4 octobre 2012, à Lorette :

« La foi nous fait habiter, demeurer, mais nous fait aussi marcher sur le chemin de la vie. À ce propos aussi, la Sainte Maison de Lorette nous donne un enseignement important. Comme nous le savons, elle était située sur une route. La chose pourrait apparaître plutôt étrange : de notre point de vue en effet, la maison et la route semblent s'exclure. [...] Ainsi, nous trouvons ici à Lorette, une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l'humanité rachetée. »  

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus évoque Lorette où elle se rendit le 13 novembre 1887 : 

« Je me vis avec bonheur sur la route de Lorette. Que la Vierge a bien choisi cet endroit pour y déposer sa maison bénie ! là tout est pauvre, simple et primitif : les femmes ont conservé le gracieux costume italien et n’ont pas, comme celles des autres villes, adopté la mode de Paris. Lorette m’a charmée. Que dirais-je de la Maison ?

Mon émotion fut bien grande en me trouvant sous le même toit que la Famille, en contemplant les murs sur lesquels Notre Seigneur avait fixé ses yeux divins, en foulant la terre que saint Joseph avait arrosée de ses sueurs, où Marie avait porté Jésus dans ses bras, après l’avoir porté dans son sein virginal.

J’ai vu la petite chambre de l’Annonciation. J’ai déposé mon chapelet dans l’écuelle de l’Enfant Jésus, que ces souvenirs sont ravissants ! Mais notre plus grande consolation fut de recevoir Jésus dans sa maison et de devenir ainsi son temple vivant, au lieu même qu’il avait honoré de sa divine présence. Suivant l’usage romain, la Ste Eucharistie ne se conserve dans chaque église que sur un autel ; et là seulement, les prêtres la distribuent aux fidèles.

A Lorette, cet autel se trouve dans la basilique où la Maison est renfermée, comme un diamant précieux en un écrin de marbre. Cela ne fit pas notre affaire. C’était dans le diamant et non dans l’écrin que nous voulions recevoir le pain des anges.

Papa, avec sa douceur ordinaire, suivit les pèlerins, tandis que ses filles, moins soumises, se dirigeaient vers la Santa Casa. Par un privilège spécial, un prêtre se disposait à y célébrer la messe ; nous lui confiâmes notre désir. Immédiatement, ce prêtre dévoué demanda deux petites hosties qu’il plaça sur sa patène, et vous devinez, ma Mère, le bonheur ineffable de cette communion ! Les paroles sont impuissantes à le traduire.
Que sera-ce donc quand nous communierons éternellement à la demeure du Roi des cieux ! ».  

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