Un peu de théologie...

par Paroisse Bougival  -  5 Décembre 2021, 22:45  -  #Enseignement, #VIE de L'EGLISE

Un peu de théologie...

Le plan du salut de Dieu : l’Immaculée Conception
              
   Extrait du livre « Marie, Reine couronnée d’étoiles » de Scott Hahn.

 L’Immaculée Conception est la doctrine selon laquelle Dieu a préservé Marie de la corruption du péché originel. Dès les 1ers instants de sa conception dans le sein de sa mère, la Vierge vivait donc dans un état de grâce sanctifiante que lui valurent les mérites de son fils, Jésus. Ainsi, la louange de l’ange : « Salut, pleine de grâce », a été prononcée bien des années avant que Jésus ne gagne cette grâce au profit de l’humanité. Mais, déjà à ce moment, Marie était « pleine de grâce ».

Le cardinal John Henry Newman enseignait que l’Immaculée Conception était un important corollaire du rôle de Marie en tant que nouvelle Eve. Il s’interrogeait : « Si Eve a été élevée au-dessus de la nature humaine par ce don moral intrinsèque que nous appelons la grâce, est-ce imprudent d’avancer que Marie bénéficia elle-même d’une grâce plus grande encore ?... Et si Eve avait ce don personnel et surnaturel, qui lui avait été octroyé dès les 1ers instants de son existence, est-il possible de nier que Marie a aussi reçu ce don aux 1ers moments de son existence ? »
Newman trouve aussi qu’il convient que le Christ naisse d’une mère sans péché :
Marie n’était pas un simple instrument dans le plan de Dieu. Le Verbe de Dieu… n’a pas simplement passé en elle, comme il peut passer en nous dans la sainte communion. Ce n’est pas un corps céleste que le Fils éternel a revêtu… Non, il s’est imprégné d’elle, il a aspiré son sang et son humaine substance en sa divine personne. Il devint homme de grâce et reçut d’elle ses attributs et ses traits selon l’apparence et les caractéristiques sous lesquelles il devait se manifester au monde. Il était connu, sans doute en raison de sa ressemblance avec elle, comme son fils… Ne convenait-il pas… que le Père éternel la prépare à cette mission par une sanctification prééminente ?

L’Immaculée Conception était une évidence pour l’Eglise primitive. St Ephrem de Syrie en témoigna au IVe siècle, comme st Augustin au Ve siècle. Augustin replaça cette doctrine dans un contexte familial particulier, en affirmant qu’il serait offensant envers Jésus de prétendre que sa mère était une pécheresse. Tous ont péché, disait Augustin, « à l’exception de la sainte Vierge Marie, dont il saurait être question quand je traite du péché et dont je ne saurais mettre en doute la parfaite innocence, sans porter atteinte à l’honneur de Dieu ; car celle qui a mérité de concevoir et d’enfanter l’innocence même, le Verbe incarné, pouvait-elle ne pas recevoir toutes les grâces par lesquelles elle serait victorieuse de tout péché quel qu’il fût ?» 

Contrairement aux théologiens d’Occident, qui ont enseigné cette doctrine de manière quelque peu négative, en mettant l’absence de péchés en Marie, les Eglises orientales ont toujours plutôt insisté sur sa grande sainteté. Le terme familier et affectueux qu’elles lui ont réservé est Panagia, la Toute Sainte, car tout en elle est saint.
Pourtant, l’Église a attendu jusqu’en 1854 avant de proclamer le dogme de l’Immaculée Conception. Du coup, quelques chrétiens – même certains saints – se sont inquiétés du fait que la proclamation de l’absence de péché en Marie dès sa conception pourrait nier en quelque sorte sa nature humaine ou annuler l’œuvre rédemptrice du Christ. Le pape Pie IX répondit toutefois à ces inquiétudes quand il définit solennellement par le dogme « que la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, dans le 1er instant où elle a été créée et unie à son corps, a été, par un privilège et une grâce spéciale de Dieu, préservée et mise à l’abri de la tâche du péché originel ». 
En un peu moins d’une phrase, cet énoncé renferme un riche enseignement. Le pape Pie IX y précise clairement que l’Immaculée Conception est une grâce unique (« spéciale ») de Dieu, tout comme l’incarnation de Jésus est un événement sans précédent dans l’histoire. Il déclare par la suite sans équivoque que cette grâce spéciale a été méritée pour Marie par Jésus-Christ, son Sauveur ; Et finalement, le pape insiste sur le fait que l’Immaculée Conception est un acte divin de préservation – une œuvre de Dieu et non une œuvre de Marie elle-même.
L’Immaculée Conception fut donc un fruit de la rédemption attribué à Marie par voie d’anticipation. Car la rédemption est de toujours dans l’éternelle vision de Dieu, lui qui n’est pas soumis au temps comme nous le sommes. C’est pourquoi la rédemption du Christ s’applique à nous, même si nous ne pouvions être présents au Calvaire, comme elle s’est appliquée à Marie au moment de sa conception, bien que la mort salvatrice du Christ n’allait survenir que des années plus tard. Sa rédemption fut un acte de préservation, alors que pour tous les autres il s’agit d’un acte de délivrance.
Encore aujourd’hui, nous pouvons voir que le Christ, d’une manière analogue, sauve certains pécheurs par la délivrance et d’autres par la préservation. Quelques-uns se détournent de leurs habitudes pécheresses, comme le vol à l’étalage, la narcomanie ou l’adultère, après avoir reçu la grâce de la conversion. Mais d’autres rejettent le péché à un âge encore tout jeune parce que Dieu leur a accordé la grâce d’une bonne éducation dans une famille chrétienne. D’une façon ou l’autre, par préservation ou par délivrance, la rédemption demeure l’œuvre de Dieu. Dans son plan providentiel, il a considéré qu’il était préférable que Marie soit entièrement préservée du péché durant toute sa vie.

Mais si Marie était sans péché, avait-elle réellement besoin d’être sauvée par Jésus ? Oui, car cette préservation spéciale n’aurait pu être sans la rédemption méritée par Jésus pour tous les êtres humains. Jésus est Dieu, et il est à la fois notre Créateur et notre Rédempteur. Dans l’acte même de la conception de Marie, il l’a sauvée de toutes les limites inhérentes à la condition humaine et de la prédisposition au péché. Elle est une créature mais elle est aussi sa mère, et il a parfaitement suivi le commandement de l’honorer. Il l’a honorée d’une manière singulièrement belle.

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