NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION

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PAROISSE de BOUGIVAL


LE TEMPS DE L’AVENT 

Publié par Paroisse Bougival sur 30 Novembre 2025, 19:08pm

Catégories : #Enseignement, #VIE de L'EGLISE

LE TEMPS DE L’AVENT 

Présenté par le Serviteur de Dieu Dom Prospère Guéranger (1805-1875), moine bénédictin français, refondateur de l’abbaye de Solesmes et restaurateur de l’ordre bénédictin en France dont le procès en béatification est en cours. Extraits de son « Année liturgique », publié en 1950.
 
Le triple mystère de l’Avènement de Jésus-Christ

Ce mystère de l’Avènement de Jésus-Christ est à la fois simple et triple. Il est simple, car c’est le même Fils de Dieu qui vient ; triple, car il vient en trois temps et en trois manières. « Dans le 1er Avènement, dit saint Bernard au Sermon 5ème sur l’Avent, il vient en chair et infirmité ; dans le 2nd, il vient en esprit et en puissance ; dans le 3ème, il vient en gloire et en majesté ; et le 2nd Avènement est le moyen par lequel on passe du 1er au 3ème. »
La sainte Église, pendant l’Avent, attend avec larmes et impatience la venue du Christ Rédempteur en son 1er Avènement. Elle emprunte pour cela les expressions enflammées des Prophètes, auxquelles elle ajoute ses propres supplications. 

Dans la bouche de l’Église, les soupirs vers le Messie ne sont point une pure commémoration des désirs de l’ancien peuple : ils ont une valeur réelle, une influence efficace sur le grand acte de la munificence du Père céleste qui nous a donné son Fils. Dès l’éternité, les prières de l’ancien peuple et celles de l’Église chrétienne unies ensemble ont été présentes à l’oreille de Dieu ; et c’est après les avoir toutes entendues et exaucées, qu’il a envoyé en son temps sur la terre cette rosée bénie qui a fait germer le Sauveur.

L’Église, durant l’Avent, demande donc d’être visitée par celui qui est son chef et son Époux, visitée dans sa hiérarchie, dans ses membres, dont les uns sont vivants et les autres sont morts, mais peuvent revivre ; enfin dans ceux qui ne sont point de sa communion, et dans les infidèles eux-mêmes, afin qu’ils se convertissent à la vraie lumière qui luit aussi pour eux.  En vain le Fils de Dieu serait venu, il y a 18 siècles (19 maintenant !!! ndlr), visiter et sauver le genre humain, s’il ne revenait, pour chacun de nous et à chaque moment de notre existence, apporter et fomenter cette vie surnaturelle dont le principe n’est que de lui et de son divin Esprit.

Les formes liturgiques que revêt le mystère de l’Avent

Les formes liturgiques dont le mystère de l’Avent est revêtu, sont de deux sortes : les unes consistent dans les prières, lectures et autres formules, où la parole elle-même est employée à rendre les sentiments que nous venons d’exposer ; les autres sont des rites extérieurs propres à ce saint temps, et destinés à compléter ce qu’expriment les chants et les paroles.

Remarquons d’abord le nombre des jours de l’Avent. La quarantaine est la 1ère forme qu’ait adoptée l’Église pour cette période ; et cette forme est restée dans le rite ambrosien et chez les Orientaux. Si, plus tard, l’Église Romaine et celles qui la suivent l’ont abandonnée, le quaternaire n’en est pas moins exprimé dans les 4 semaines qui ont été substituées aux 40 jours. La nouvelle Naissance du Rédempteur a lieu après 4 semaines, comme la 1ère Naissance eut lieu après 4000 années, selon la supputation de l’Hébreu et de la Vulgate.

Les yeux du peuple sont avertis de la tristesse qui préoccupe le cœur de la sainte Église par la couleur de deuil dont elle se couvre. Hors les fêtes des Saints, elle ne revêt plus que le violet. Autrefois même, on usait de la couleur noire en plusieurs lieux. Ce deuil de l’Église marque avec quelle vérité elle s’unit aux vrais Israélites qui attendaient le Messie sous la cendre et le cilice, et pleuraient la gloire de Sion éclipsée. Il signifie encore les œuvres de la pénitence, par lesquelles elle se prépare au 2nd Avènement plein de douceur et de mystère, qui a lieu dans les cœurs, en proportion de ce qu’ils se montrent touchés de la tendresse que leur témoigne cet Hôte divin qui a dit : « Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes » (Prov. VIII, 31). Il exprime enfin la désolation de cette veuve attendant l’Époux qui tarde à paraître. Elle gémit sur la montagne, comme la tourterelle, jusqu’à ce que la voix se fasse entendre qui dira : « Viens du Liban, mon Épouse ; viens pour être couronnée, car tu as blessé mon cœur » (Cant. V, 8).

Pendant l’Avent, l’Église suspend aussi, excepté aux Fêtes des Saints, l’usage du Cantique Angélique : Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis. En effet, ce chant merveilleux ne s’est fait entendre qu’en Bethléhem sur la crèche de l’Enfant divin ; la langue des Anges n’est donc pas déliée encore ; la Vierge n’a pas déposé son divin fardeau ; il n’est pas temps de chanter, il n’est pas encore vrai de dire : Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté !
Toutefois, il est un trait spécial qui distingue ces deux temps : c’est que le chant de l’allégresse, le joyeux Alléluia, n’est pas suspendu durant l’Avent. A la Messe des 4 dimanches, on continue de le chanter ; et il forme un contraste avec la couleur sombre des ornements. Ce souvenir des joies passées, qui se retrouve ainsi au fond des saintes tristesses de l’Église, dit assez que, tout en s’unissant à l’ancien peuple pour implorer la venue du Messie, et payer ainsi la grande dette de l’humanité envers la justice et la clémence de Dieu, elle n’oublie cependant pas que l’Emmanuel est déjà venu pour elle, qu’il est en elle, et qu’avant même qu’elle ait ouvert la bouche pour demander le salut, elle est déjà rachetée et marquée pour l’union éternelle. 

Antienne d’ouverture de la messe du 1er Dimanche de l’Avent :

Ad te levávi ánimam meam : Deus meus, in te confíde, non erubéscam : neque irrídeant me inimíci mei : étenim univérsi, qui te exspéctant, non confundéntur.

Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme. Mon Dieu, je m’appuie sur toi : épargne-moi la honte ; ne laisse pas triompher mon ennemi. Pour qui espère en toi, pas de honte.

« L’Église débute par ce beau chant qui montre si bien sa confiance d’épouse ; répétons-le avec elle, du fond de notre cœur ; car le Sauveur viendra à nous dans la mesure que nous l’aurons désiré, et fidèlement attendu. » D. Guéranger

 

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