St Jean Paul II disait que ce fils spirituel de St Dominique « exprima par le pinceau sa « summa » des mystères divins, comme Thomas d’Aquin l’énonça par le langage théologique […] Surnommé « Angelico » pour sa bonté de cœur et pour la beauté de ses peintures, frère Jean de Fiesole fut un prêtre-artiste qui sut traduire en couleurs l’éloquence de la parole de Dieu […] En lui la foi est devenue culture et la culture est devenue foi vécue. Il fut un religieux qui sut transmettre par l’art les valeurs qui sont à la base du mode de vivre chrétien. Il fut un « prophète » de l’image sacrée : il sut atteindre les sommets de l’art en s’inspirant des mystères de la foi. En lui, l’art devient prière."
Il peut être bon de s’arrêter pour contempler cette peinture qu’il a réalisée dans une des cellules du couvent st Marc à Florence…
Elle nous offre une étonnante représentation de l’épisode du Baptême du Christ : il y associe la Vierge Marie et st Dominique. La dimension symbolique d’une telle représentation nous conduit à contempler ce mystère du Baptême de Jésus avec les yeux de la Vierge Marie en disant notre chapelet dont l’origine est attribuée traditionnellement à st Dominique.
L’intuition du peintre rejoint celle du saint pape Jean-Paul II, qui, dans sa lettre apostolique ‘Rosarium Virginis Mariae’ écrite en 2002, nous a invités à contempler la vie publique du Christ avec les yeux de la Vierge Marie.
Voici donc un extrait de cette lettre « mariale » de ce grand Pape dont la devise était « à Jésus par Marie » et qui va nous aider à nous joindre à Notre Dame et St Dominique pour vivre de façon lumineuse le baptême de Jésus :
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Passant de l'enfance de Jésus et de la vie à Nazareth à sa vie publique, nous sommes amenés à contempler ces mystères que l'on peut appeler, à un titre spécial, “mystères de lumière”. En réalité, c'est tout le mystère du Christ qui est lumière. Il est la « lumière du monde » (Jn 8,12). Mais cette dimension est particulièrement visible durant les années de sa vie publique, lorsqu'il annonce l'Évangile du Royaume. Si l'on veut indiquer à la communauté chrétienne 5 moments significatifs – mystères “lumineux” – de cette période de la vie du Christ, il me semble que l'on peut les mettre ainsi en évidence : 1. au moment de son Baptême au Jourdain, 2. dans son auto-révélation aux noces de Cana, 3. dans l'annonce du Royaume de Dieu avec l'invitation à la conversion, 4. dans sa Transfiguration et enfin 5. dans l'institution de l'Eucharistie, expression sacramentelle du mystère pascal. Chacun de ces mystères est une révélation du Royaume désormais présent dans la personne de Jésus. Le Baptême au Jourdain est avant tout un mystère de lumière. En ce lieu, alors que le Christ descend dans les eaux du fleuve comme l'innocent qui se fait “péché” pour nous (cf. 2 Co 5, 21), les cieux s'ouvrent, la voix du Père le proclame son Fils bien-aimé (cf. Mt 3, 17), tandis que l'Esprit descend sur Lui pour l'investir de la mission qui l'attend. […] Dans ces mystères, à l'exception de Cana, Marie n'est présente qu'en arrière-fond. Les Évangiles ne font que quelques brèves allusions à sa présence occasionnelle à un moment ou à un autre de la prédication de Jésus (cf. Mc3,31-35; Jn2,12), et ils ne disent rien à propos de son éventuelle présence au Cénacle au moment de l'institution de l'Eucharistie. Mais la fonction qu'elle remplit à Cana accompagne, d'une certaine manière, tout le parcours du Christ. La révélation qui, au moment du Baptême au Jourdain, est donnée directement par le Père et dont le Baptiste se fait l'écho, est sur ses lèvres à Cana et devient la grande recommandation que la Mère adresse à l'Église de tous les temps : « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jn 2, 5). C'est une recommandation qui nous fait entrer dans les paroles et dans les signes du Christ durant sa vie publique, constituant le fond marial de tous les “mystères de lumière”. |
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