NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION

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PAROISSE de BOUGIVAL


L’ASCENSION DU CHRIST DANS L’ÉVANGELIAIRE D’EGBERT

Publié par Paroisse Bougival sur 10 Mai 2026, 14:07pm

Catégories : #Enseignement

L’ASCENSION DU CHRIST DANS L’ÉVANGELIAIRE D’EGBERT

D’après un article publié sur le site de la Conférence des évêques de France, dans la rubrique « Catéchèse et catéchuménat ».

 

L’évangéliaire d’Egbert réalisé vers 980 présente, pour la 1ère fois dans l’histoire de l’art, une « Vie de Jésus », insérée dans les textes liturgiques avec 2 enluminures illustrant l’évangile de l’Ascension (Marc 16, 14-20). Il y a d’abord l’enluminure qui représente l’enseignement des 40 jours : enluminure en largeur, entourée d’une partie essentielle de l’Évangile de Marc. La 2ème enluminure, en hauteur, représente l’Ascension du Christ en pleine page. Elle fait partie des 8 images verticales qu’il comporte. Il importe, si l’on veut comprendre la présentation faite par Egbert de ne pas séparer les 2 enluminures.

                             L’enluminure des 40 jours de Pâques à l’Ascension

Il importe tout d’abord de saisir ce que représente le Christ

On pourrait, à première vue, prétendre que c’est le même Christ que celui présenté dans la vie publique sur les autres planches de l’évangéliaire. En fait, il s’en distingue par le vêtement. Le Christ ressuscité porte un manteau blanc-or, alors que dans sa vie publique, il porte un manteau de diverses couleurs bleues et qu’il se distingue dans sa Passion par la tunique bleue du Grand-prêtre. Les autres marques du Christ : le nimbe d’or crucifère, entouré de IHS XPC, le signe christique de la main droite, le Livre des Écritures dans la main gauche sont identiques pour la présentation du Christ.

Cette remarque est importante sur le plan théologique. Si le Ressuscité jouit d’une existence différente, c’est bien la même personne, le même Christ qui agit. Sa Résurrection vient confirmer les paroles et les actes de sa vie publique. Son enseignement durant les « 40 jours », que l’enluminure représente ici, n’est pas un enseignement nouveau, mais une meilleure compréhension du même enseignement. De manière analogue aux icônes, les deux natures du Christ et son identité au sein de la Trinité sont ainsi affirmées, tout au long de sa vie.

Il y a dans cette enluminure un autre aspect qui souligne le rapport à la vie publique. C’est, tandis que les 11 étaient à table, qu’il leur apparut et les enseigna pour la dernière fois, avant de les envoyer de par le monde. Les Actes des Apôtres (Ac I,4) disent même que pour la circonstance le Christ mangeait avec eux. L’enluminure n’a pas retenu cet aspect, mais, l’évocation du repas, comme celui d’Emmaüs, fait saisir l’unanimité retrouvée des disciples et du Ressuscité. Le thème du repas si présent dans la vie publique se retrouve après la Résurrection. 

L’unité retrouvée est soulignée dans l’enluminure

Elle l’est par la « nappe de communion » posée sur les genoux des disciples en avant de l’image, de même par le geste d’acquiescement de Pierre et d’un autre disciple, et, de nouveau, par le geste brûlant d’amour, posé sur le cœur d’un disciple. Le savant échelonnement des 3 inscriptions et la répartition des couleurs dans les manteaux renvoi à l’enluminure de l’Ascension.

L’harmonie que présente l’image est paradoxale

Les disciples rassemblés dans l’unanimité sont ceux-là même qui, lors de l’arrestation de Jésus, avaient pris la fuite lamentablement, « jambe au cou », comme l’a représenté l’enluminure qui évoque ce moment à une autre page dans l’évangéliaire. Ces disciples, tout yeux et toute oreille pour le Ressuscité, sont ceux-là même qui, lors de ce dernier entretien, demanderont encore si c’est maintenant que le Christ allait rétablir le Royaume de David » (Actes 1, 6). Jésus est bien le nouveau David ; il leur avait dit, mais il avait souligné en même temps que son Royaume n’était pas de ce monde (Mathieu 22, 41-46).
L’Évangéliaire souligne encore plus le paradoxe, en posant, juste au-dessus de l’enluminure et en rapport avec elle, les paroles du Christ, lus dans l’évangile du jour : « Il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité » (Marc 16, 14). L’enluminure est encadrée au-dessus par ces reproches, et, en-dessous, immédiatement, par l’ordre d’annoncer l’évangile. Malgré tout, l’évangéliste comme l’enlumineur font finalement confiance, car il en est toujours ainsi dans les affaires de Dieu avec les hommes, et du Christ avec son Église : la mauvaise qualité de la transmission n’empêche pas, grâce à l’Esprit Saint, que le message touche les cœurs et ne cesse de retentir.

 

Le bas de l’image de l’Ascension : la joie d’être accompagnés

 

L’échelonnement des inscriptions est symbolique

Le bas de l’image de l’Ascension nous présente cet échelonnement sur 3 niveaux : les 2 hommes, duo viri, représentés ici par 2 anges, forment de la main le signe christique qui rejoint la profession de foi exprimée par l’inscription IHC XPC de l’autre enluminure ; l’inscription des apôtres apostoli est divisée en 2 parties pour s’étendre sur toute la largeur de l’image, comme si elle voulait intégrer leurs successeurs ; les 2 inscriptions sancta maria et petrus montrent les apôtres ordonnés à Pierre et à Marie.

Les textes ne parlent pas de Marie
Et pourtant Marie tient dans l’enluminure une place importante : elle est dans une position supérieure aux apôtres, dans la même élévation et les mêmes gestes que Pierre, et même supérieure à lui, car, avec les 2 anges, elle est seule à porter le nimbe d’or, qui symbolise sa place exceptionnelle dans le dessein de Dieu.
L’enluminure suit ici une tradition iconographique qui, de diverses manières, exalte Marie à l’Ascension. Car l’iconographie ne représente pas la transcription historique des textes, mais, en synchronie, l’histoire du salut. Marie, qui nous a donné le Christ, est présente ici, à la fin de son séjour terrestre, car, dans le dessein de Dieu, elle représente l’Église à laquelle est destinée le salut.

Le salut est désigné par les deux anges
Les 2 anges forment de la main le signe christique qui prolonge le mouvement des bâtons : ils renvoient au Christ.

La joie des apôtres et de Marie est inattendue
On s’attendrait à trouver l’expression d’une mélancolie dans une scène d’adieu. Mais aussi bien le texte
(Luc 24, 52) que l’enluminure, disent la joie des apôtres. Ils ont la conviction de jouir de la présence du Christ selon un mode nouveau (Jean 14,28). L’enluminure l’exprime en mettant les apôtres et Marie sur terre et le Christ dans les cieux dans l’espace unifié d’une seule image. Pierre et Marie expriment leur exaltation, un apôtre à gauche leur réceptivité, tandis que l’apôtre à droite, mains sur le cœur, exprime, comme dans l’image précédente, l’amour qu’ils ressentent.

 

Le haut de l’image de l’Ascension : le Crucifié-ressuscité attire tout au Père

 

Nous reconnaissons le Crucifié-ressuscité
Il est comme dans l’enluminure des 40 jours, mais au lieu de tenir le Livre, il tient ici une croix. Cette croix n’est pas celle des 3 grandes croix d’or que présentent la Crucifixion, c’est la croix que nous avions trouvée au début de la Passion, chargée sur les épaules de Simon. Cette croix forme ainsi une sorte d’inclusion de toute l’histoire de la Passion-Résurrection. Sur les épaules de Simon, revêtu du vêtement rouge du disciple, touché par l’amour comme Joseph d’Arimathie, il est maintenant porté en trophée sur les épaules du Christ victorieux. C’est la croix des disciples : « Porte ta croix et suis-moi ! Je t’assure de la victoire finale. »


La victoire est marquée par la mandorle
La mandorle se caractérise par ses multiples enveloppes : enveloppe de la bordure même du cadre-image dans l’image-, fine enveloppe blanche, puis enveloppe d’or, puis enveloppe azur, puis couleur vibrante, dorée et verte, tel un buisson ardent.
La mandorle, forme parfaite que nous offre la nature, au fruit délicat protégé par une dure enveloppe, a été privilégiée dans l’iconographie pour les scènes de la transfiguration, de l’Ascension et du Jugement dernier.
C’est la seule fois qu’elle est utilisée dans l’Évangéliaire pour symboliser tout à la fois ces 3 aspects : elle nous révèle que le Ressuscité part vers le Père pour revenir nous réunir à lui au dernier Jour.

Le Père est, à première vue, presque invisible
Ici, comme dans les autres enluminures où il est évoqué, celles, par exemple, de la Nativité, de la Multiplication des pains, de la Descente de croix…, sa présence est très discrète, mais elle est, en dernière analyse, tellement « envahissante », que c’est elle finalement qui donne sens à toute l’enluminure. C’est le cas ici : la main du Père qui jaillit discrètement du ciel porte tout ce que contient l’enluminure, et attire tout à lui, en communion avec le Christ crucifié-ressuscité à qui il a tout remis
(Jean 17, 2).

Un vaste mouvement parcourt toute l’enluminure
Il part des apôtres qui sont en haut des buttes aux extrémités de l’enluminure, descend à travers eux, remonte en Pierre et Marie, puis jaillit par les deux anges, vers le Christ dans la mandole et vers le Père. La main du Père tire le Christ à lui et, par lui, Pierre et les Apôtres, qui représentent ici l’Église au long du temps. La création elle-même, en ce monticule aux herbes dressées, est attirée dans ce mouvement.

L’Évangéliaire, ouvert sur les 2 folio, donne, en 2 images, l’ordre du Ressuscité qui clôture l’Évangile de Marc : le Ressuscité envoie à son tour comme il a été envoyé
(Jean 17, 18).

 

Petit rappel catéchétique 😊(extrait de Credo, compendium de la Foi Catholique par Mgr Schneider.)

 

Pourquoi notre Seigneur est-il resté sur terre 40 jours après sa résurrection ?
1. pour donner à ses apôtres une preuve claire de sa résurrection
2. afin de compléter leur instruction pour la mission de prédication
3. pour leur apprendre à offrir la messe et les sacrements
4. pour mandater formellement les ministres de son église

Pour quelle raison pourquoi le Christ est-il monté au ciel de cette manière ?
1/ pour sa propre gloire : a) pour jouir du triomphe qu’il avait mérité ; b) pour prendre possession du ciel, la véritable demeure de Son corps, glorifié c) pour diffuser l’éclat de sa gloire dans le ciel.
2/ pour notre bénéfice : a) afin d’ouvrir à tous les hommes les portes du ciel que le péché d’Adam avait fermées ; b) afin de nous envoyer le Saint Esprites ; c) afin d’intercéder pour toujours auprès de Son Père pour nous ; d) afin de donner davantage de mérite à ceux qui ont la foi sans le voir dans la chair. 

Que signifie-t-il de dire que le Christ est assis ?
1. Après l’œuvre de notre Rédemption, notre Sauveur jouis désormais d’un repos sans fin au ciel ;
2. Il est à la fois Roi des rois et Juge suprême des vivants et des morts, car un roi siège sur son trône et un juge siège à son tribunal. 

Pourquoi disons-nous que le Christ est assis à la droite de Dieu ?
Nous reconnaissons ainsi que le Christ est Dieu, égal en toutes choses au Père, jouissant d’une puissance et d’une gloire infiniment plus grandes que n’importe quelle simple créature, et qu’Il règne à la fois dans le ciel et sur la terre.

En même temps au ciel, le Christ a-t-il cessé d’être présent sur la terre ?
Non, en accomplissement de Sa promesse, il est simultanément au ciel est sur la terre, selon des modes différents, puisqu’Il a établi Sa présence ici-bas dans l’Eucharistie, le Très Saint Sacrement de l’Autel.

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