NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION

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PAROISSE de BOUGIVAL


QUE SIGNIFIENT LES COULEURS DE L'ANNEE LITURGIQUE ?

Publié par Paroisse Bougival sur 18 Janvier 2026, 20:48pm

Catégories : #VIE de L'EGLISE, #Enseignement

QUE SIGNIFIENT LES COULEURS DE L'ANNEE LITURGIQUE ?

 Voir la vie en rose, faire grise mine, avoir une peur bleue… », sont des expressions colorées qui font partie de du vocabulaire et qui montrent que les couleurs sont porteuses d’un message !
Dans la liturgie de l’Église catholique, la célébration des grands événements qui rythment l’année liturgique (temps ordinaire, fêtes, célébrations…) s’accompagne donc logiquement de l’usage d’utiliser différentes couleurs pour les ornements des célébrants, les linges ou les parements. 
Si cet usage a été formalisé à l’origine par le futur pape Innocent III dans son traité De sacro altaris mysterio, ce n’est qu’au 16ème siècle, au Concile de Trente, que Rome a fixé pour l’Église latine l’usage de 5 couleurs liturgiques principales réparties dans le calendrier liturgique : le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir.
Chaque couleur entend aider à mettre en valeur une facette de la vie de Jésus-Christ et entraîner le prêtre et les fidèles dans les mystères qui se célèbrent pour vivre – corps et âme - de la grâce qui les accompagnent. 

1. Quelle est la signification des couleurs dans la messe ?

"Au cours de l'année, l'Église développe tout le Mystère du Christ et commémore les fêtes des saints" (Normes universelles pour l'année liturgique et le calendrier, n. 1.)

A travers le temps « liturgique », l'Église s’aide des couleurs des ornements et parements divers pour évoquer les actions salvatrices de Jésus-Christ. 
Il est bon de comprendre et vivre cette harmonie des paroles, gestes, actions et objets qu’offre la liturgie, réalités tangibles qui sont liées au transcendantal du Beau :  tout est appelé ainsi à concourir à la Gloire de Dieu et à l’élévation des âmes.

2) Que signifient les couleurs de l'année liturgique ?

Le vert

Du latin viridis (verdoyant), issu du verbe virere (être vert, florissant), le vert est principalement associé à la nature et au renouveau de la végétation. C’est aussi le symbole de l’espérance. Aujourd’hui, les interprétations de cette couleur sont diverses, mais comme le précise sur son site la conférence des Évêques de France, cette couleur évoque la croissance de l’Église grâce à la sève venue de Dieu. "Cette couleur est comme l’attente confiante des réalités dernières, la croissance du Royaume de Dieu, la couleur la plus courante dans la nature… d’où son usage en Temps ordinaire". 
Dans son traité De sacro altaris mysterio, le cardinal Lothaire, futur pape Innocent III, a indiqué que la couleur verte doit être utilisée pour les jours et les fériés ordinaires « car le vert est une couleur intermédiaire entre le blanc, le noir et le rouge"
Et il ajoutait pour justifier en partie l’attribution des couleurs par des sources bibliques : "C'est cette couleur qu'évoque le Cantique : "Le cyprée avec le nard et le nard avec le safran" (Ct. 4, 13) ».
Le temps ordinaire ne célèbre pas comme tel un mystère particulier mais tout le mystère du Christ : sa prédication, son humilité, sa royauté, son humanité, sa divinité et sa mission.

Le blanc/ Le doré

Le blanc (et/ou doré) est généralement associé à la paix, à la sérénité, à la pureté ou au divin. L'Église a également compris cette couleur comme un symbole de la sainteté de Dieu, c'est pourquoi, dans la liturgie nous voyons la couleur blanche dans les offices et dans les messes du temps pascal et de la Nativité du Seigneur ; en outre, dans les célébrations du Seigneur - autres que sa Passion -, de la Bienheureuse Vierge Marie, des Saints Anges, des Saints non martyrs, en la solennité de la Toussaint (1er novembre), en la fête de saint Jean-Baptiste (24 juin), en la fête de saint Jean l'Évangéliste (27 décembre), de la Chaire de saint Pierre (22 février) et de la Conversion de saint Paul (25 janvier)" (Instruction générale du Missel romain (GIMR), n. 346).

Pour les fêtes de la Sainte Vierge, où l'on utilise habituellement le blanc qui symbolise alors sa pureté et sa virginité. Cependant, l'utilisation de la couleur bleue est aussi possible dans l’Église catholique : elle est un privilège dont jouissent l'Espagne et les pays hispaniques, accordé le 12 février 1883 en vertu d'un décret promulgué par la Sacrée Congrégation des Rites pour la fête de l'Immaculée Conception et son octave. Ce privilège est encore conservé aujourd'hui, bien que réduit à la solennité de l'Immaculée Conception de Marie (8 décembre), et aux samedis où cette messe votive est utilisée

Le cérémonial du cardinal de Noailles (1703) prescrivait la couleur dorée à Notre-Dame de Paris pour certaines grandes fêtes. Elle rattache à la lumière et au soleil, à l'éternité et à l'illumination du Royaume. La peinture médiévale a abondamment utilisé l'or pour décrire la lumière céleste. Le plus noble des métaux ajoute encore les connotations d'éternité et de plénitude.

Le violet

Les vêtements liturgiques violets sont utilisés pour les "temps forts" de l’Avent et du Carême et pour la Messe des défunts (cf. IRMG, n. 346). En effet, "c'est une couleur discrète et sérieuse. Elle symbolise l'austérité, la pénitence, l'approfondissement spirituel et la préparation (...) Le violet est obtenu en combinant le rouge et le bleu. Dans ce mélange, certains auteurs voient l'union entre la couleur rouge, qui symbolise l'amour, et le bleu, qui symbolise l'immortalité. D'autres y voient l'union entre le ciel, qui est représenté par le bleu, et le rouge, qui représente la terre".

En ce sens, la couleur violette dans les messes des défunts éveille en nous la vision surnaturelle, la proximité de Dieu, face à la réalité de la mort. En même temps, dans les moments de profonde douleur, le violet maintient présent l'esprit de pénitence auquel l'Église nous invite en ces temps. Toutefois, le rose peut être utilisé les dimanches de Gaudete (3ème dimanche de l'Avent) et de Laetare (4ème dimanche du Carême) pour rappeler aux personnes qui jeûnent et aux pénitents l'approche de Noël et de Pâques, et donc l'arrêt de la pénitence ".

Le rouge

La liturgie utilise la couleur rouge pour les messes de l'Esprit Saint, qui est descendu sur les Apôtres comme des langues de feu, et pour les messes de la Passion et des martyrs. On pourrait dire que le choix de la couleur évoque symboliquement le feu de l'Esprit Saint et le sang des martyrs, et en premier lieu le sang du Christ versé pour nous.

Selon l'Instruction générale du Missel romain, les vêtements rouges sont portés "le dimanche de la Passion et le Vendredi saint, le dimanche de la Pentecôte, les célébrations de la Passion du Seigneur, les fêtes de la naissance des Apôtres et des Évangélistes, et les célébrations des saints martyrs" (n. 346). Ce sont autant d'occasions de contempler le mystère de l'amour de Dieu pour l'humanité à travers la souffrance et le sacrifice.

Autres couleurs ? 

Nous n’évoquerons pas les couleurs utilisées lors de l’inauguration de la Cathédrale ND de Paris après sa restauration 😒 !

Pra contre, on ne peut conclure cette brève présentation des couleurs liturgiques sans mentionner deux autres couleurs qui furent utilisées – quoique rarement – et de fait ont disparu de la liturgie de nos jours.

Le marron fut envisagé comme une variation du violet et donc signe de pénitence. S’il n’est plus utilisé aujourd’hui, il constitue néanmoins la couleur d’habillement des ordres franciscains et carmes.

Le gris (ou cendré) fut propre à la France et particulièrement au rite Lyonnais. Il était surtout utilisé lors du mercredi des Cendres.

Textes de à méditer

« Rien n’est trop beau pour le ménage du Bon Dieu » ! St Curé d’Ars

« Ce monde dans lequel nous vivons a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. La beauté, comme la vérité, c’est ce qui met la joie au cœur des hommes, c’est ce fruit précieux qui résiste à l’usure du temps, qui unit les générations et les fait communier dans l’admiration. » (St Paul VI)

« La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance. Elle est une invitation à savourer la vie et à rêver de l'avenir. C'est pourquoi la beauté des choses créées ne peut satisfaire, et elle suscite cette secrète nostalgie de Dieu qu'un amoureux du beau comme saint Augustin a su interpréter par des mots sans pareil : « Bien tard, je t'ai aimée, ô Beauté si ancienne et si neuve, bien tard, je t'ai aimée ! » (St Jean Paul II)

« Vénère et respecte la sainte liturgie de l’Église et ses cérémonies. — Suis-les fidèlement. — Ne sais-tu pas que même la plus grande et la plus noble des choses n’entre dans l’esprit des pauvres hommes que par les sens ? » (St Josémaria).
« Nous devons recevoir le Seigneur dans l’Eucharistie comme les grands de la terre, et même mieux : avec parures, lumières, habits tout neufs...

— Et si tu me demandes de quelle propreté, de quelles parures et de quelles lumières tu dois t’orner, je te répondrai : la propreté dans tes sens, un à un ; la parure dans tes puissances, une à une; et la lumière dans toute ton âme ». (St Josémaria).

« L'art sacré doit conduire à Dieu, il doit respecter les choses saintes, il est destiné à la piété et à la dévotion. Pendant de nombreux siècles, le meilleur art a été l'art religieux, parce qu'il se soumettait à cette règle, parce qu'il gardait en tout la nature propre à sa fin ». (St Josémaria).

 

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