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Homélie de Saint Jean Damascène Venez, hommes de toutes races, venez célébrer la fête de la naissance de la Mère de Dieu et de la Corédemptrice de l’humanité. Si on fête le jour de la naissance des hommes, comment ne célébrerions-nous pas la naissance de cette femme qui transforma en joie la tristesse de notre Mère Eve ? […] Aujourd’hui a commencé le salut du monde… En effet, dans la « maison probatique » c’est-à-dire la maison des brebis, est née la Mère de Dieu, de qui devait naître l’Agneau de Dieu, qui, ôte les péchés du monde. Aujourd’hui, le Verbe divin, Créateur de toute chose, crée un nouveau livre [Marie], qui est sorti du cœur de son Père, et qui est écrit par l’Esprit Saint. Que de miracles se réunissent en cette enfant, que d’alliances se font en elle ! Fille de la stérilité, elle sera la virginité qui enfante. En elle se fera l’union de la divinité et de l’humanité, de l’impassibilité et de la souffrance, de la vie et de la mort, pour que tout ce qui était mauvais soit vaincu par le meilleur. O fille d’Adam et Mère de Dieu ! Et tout cela a été fait pour moi, Seigneur ! Si grand était votre amour pour moi que vous avez voulu, non pas assurer mon salut par les anges ou quelque autre créature, mais restaurer par vous-même celui que vous aviez d’abord créé vous-même. C’est pourquoi je tressaille d’allégresse et je suis plein de fierté ; et dans ma joie, je me tourne vers la source de ces merveilles, et emporté par les flots de mon bonheur, je prendrai la cithare de l’Esprit pour chanter les hymnes divins de cette naissance... |
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Il s'agit de l'une des plus anciennes fêtes mariales. Son origine est liée à la fête de la dédicace d'une église dédiée à Marie, à Jérusalem, au IVe siècle : la basilique Sainte-Anne, où la tradition situe la maison des parents de Marie, Joachim et Anne, où est née la Vierge. |
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Saint André de Crète |
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Cardinal Pierre de Bérulle Marie naît à petit bruit, sans que le monde en parle et sans qu'Israël même y pense, bien qu'elle soit la fleur d'Israël et la plus éminente de la terre. Mais si la terre n'y pense pas, le ciel la regarde et la révère comme celle que Dieu a fait naître pour un si grand sujet, et pour rendre un si grand service à sa propre personne, c'est-à-dire pour le revêtir un jour d'une nouvelle nature. Et ce Dieu même qui veut naître d'elle l'aime et la regarde en cette qualité. Son regard n'est pas alors sur les grands, sur les monarques que la terre adore ; mais le premier et le plus doux regard de Dieu en la terre est vers cette humble Vierge que le monde ne connaît pas. |
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Dom Guéranger C’est la naissance de la Vierge Marie ; faisons-lui fête, en adorant le Christ son fils, le Seigneur. Telle est l’invitation que nous adresse aujourd’hui l’Église. Écoutons son appel ; entrons dans sa joie qui déborde : l’Epoux est proche, puisque son trône est dès maintenant dressé sur terre ; encore un peu, et lui-même paraîtra sous ce diadème de notre humanité dont doit le couronner sa mère au jour de la joie de son cœur et du nôtre. Aussi, comme en la glorieuse Assomption, retentit à nouveau le Cantique sacré ; mais il est plus de la terre, cette fois, que du ciel. Voici qu’en vérité nous est donné mieux que le premier paradis à cette heure. Eden, ne crains plus les retours des mortels humains ; ton chérubin peut cesser sa garde et regagner les cieux. Que nous importent tes beaux fruits auxquels on ne peut toucher sans mourir ? La mort, maintenant, elle est pour ceux qui ne goûteront pas du fruit qui s’annonce parmi les fleurs de la terre vierge où nous fait aborder notre Dieu. Salut, monde nouveau où les magnificences de la création primitive sont dépassées ; salut, port fortuné dont le repos s’offre à nous après tant d’orages ! L’aurore paraît ; l’arc-en-ciel brille ; la colombe s’est montrée ; l’arche touche terre, ouvrant au monde de nouvelles destinées. Le port, l’aurore, l’arc-en-ciel, la colombe, l’arche du salut, le paradis du céleste Adam, la création dont l’autre n’était qu’une ébauche, c’est vous, douce enfant, en qui déjà résident toute grâce, toute vérité, toute vie. Vous êtes la petite nuée que le père des Prophètes attendait dans l’angoisse suppliante de son âme, et qui apporte à la terre desséchée la fraîcheur ; sous la faiblesse de vos membres si frêles apparaît la mère du bel amour et de la sainte espérance. |
| Analyse de ce qu’écrit Maria Valtorta au sujet de la naissance de Marie |
Comme bien souvent, Maria Valtorta commence son récit par une description minutieuse des lieux. Dans le jardin de Nazareth « depuis longtemps ce doit être la sécheresse (…) une haie d'aubépine sauvage déjà toute constellée des rubis de ses petits fruits (…) des pieds de vigne et des oliviers lourdement chargés... »5.1.
La scène se déroule donc à Nazareth, par une soirée de fin d'été... Dès l'Antiquité quatre villages se disputèrent la gloire de la naissance de Marie : Séphoris, Nazareth, Bethléem et Jérusalem. L'apocryphe Évangile de la Nativité rapporte ceci de la Vierge Marie : In civitate Nazareth nata (« Elle naquit dans la cité de Nazareth2 »). St Fulbert de Chartres cite cette opinion et l'accepte.
C'est aujourd'hui l'opinion la plus commune de l'Église romaine, tandis que la tradition orientale, suivant saint Jean Damascène, penche plutôt pour Jérusalem.
Maria Valtorta ajoute que la naissance eut lieu pendant une soirée de septembre, ce qui ne saurait surprendre, puisque la tradition unanime de l'Église fixe la nativité de Marie au 8 septembre3 , « Au moment où le soleil sort du Lion et entre dans la Vierge » précisaient jadis les Pères.
La date exacte la plus communément retenue est le samedi 8 septembre -214 (julien). Jean-Chrysostome Trombelli (Mariae sanctissimae vita ac gesta, 1759) établit par une savante étude que la naissance de Marie eut lieu un jour de sabbat. (On peut souligner qu'entre l'an -22 et l'an -17, c'est seulement en l'année -21 que le 8 septembre tombe un samedi). Tout ceci va s'avérer déterminant, comme nous allons le voir bientôt.
Poursuivons le récit de Maria Valtorta. La naissance de la Vierge Marie est troublée par une « tempête qui est d'une extraordinaire violence »5.3. Puis tour à tour trois évènements surprennent les témoins présents ce soir-là. D'abord « un gigantesque arc-en-ciel déploie son demi-cercle sur toute l'étendue du ciel. Il sort, ou du moins paraît sortir, de la cime de l'Hermon (...) survole les collines de la Galilée et de la plaine qui apparaît au sud (...) et semble poser son extrémité au bout de l'horizon, là où une chaîne de montagnes abruptes arrête totalement la vue »5.4.
Ensuite un garçon s'étonne : « regardez, voilà une étoile alors que le soleil n'est pas encore disparu. Quelle étoile ! Elle brille comme un énorme diamant ! … Et la lune, voilà. C'est la pleine lune alors qu'il manque encore trois jours pour y arriver... »5.4.
Plus loin dans l'œuvre, Jésus fait cette confidence à propos de ses grands-parents : « À cause de leur sainteté Anne n'éprouva pas les souffrances de l'enfantement »9.5. Un peu de temps passe. Marie est née !
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Voici donc quelques détails merveilleux qui semblent sortis tout droit d'une belle légende médiévale. Même sans faire preuve de scepticisme, il pourrait paraître légitime de ne leur accorder qu'une valeur poétique ou symbolique. Et pourtant, à l'analyse ils se révèlent vraiment remarquables...
Prenons en effet pour acquise la date du 8 septembre -21, et examinons si les trois faits décrits ici sont compatibles avec cette date :
1. Force est de constater que ce soir-là, au moment du coucher du soleil, la planète Jupiter brillait sur l'horizon sud. Dans cette configuration, Jupiter est la première étoile visible en soirée, comme il est encore aisé de le vérifier de nos jours. (Comme j'ai pu le constater de visu à la mi-décembre 2011)
2. De Nazareth si l'on tourne le dos au soleil couchant (azimut 278° ce soir-là) pour pouvoir observer un arc-en-ciel, le mont Hermon est sur la gauche, le lac de Tibériade, la plaine et les collines de Galilée en face, et les monts Thabor et Gilboa à droite. Or les lois de l'optique nous enseignent que plus le soleil est proche de l'horizon, plus l'arc en ciel semble grand, phénomène encore amplifié par l'altitude de Nazareth (450 m) par rapport à la plaine environnante. Un arc double couvre alors un champ de 102° d'ouverture. Un simple rapporteur placé sur une carte de Palestine, (point zéro sur Nazareth et perpendiculairement à l'azimut 278°) permet de vérifier la plausibilité extraordinaire de cette description, qui serait fausse à toute autre heure du jour, et à toute autre époque de l'année !
3. D'après les témoins, il manquait trois jours pour la pleine lune. Or en septembre -21, astronomiquement la pleine lune eut lieu le mardi 11. Donc trois jours avant, ce fut le samedi 8 septembre, en parfaite compatibilité avec la date officielle établie depuis au moins quatorze siècles ! Comment Maria Valtorta aurait-elle pu imaginer de sa propre initiative un tel récit qui, sans mentionner la moindre date, confirme pourtant sans qu'il y paraisse la datation établie par la tradition depuis si longtemps ?
4. Quant à l'accouchement sans douleur d'Anne, c'était l'opinion de saint Jean Damascène, de saint André de Crète, et d'autres Pères , de plusieurs grands théologiens, et de saint Ildefonse . Au 17e siècle, Jean Thomas de St Cyrille écrivait : « Anne, l'heureuse épouse de Joachim, donnait le jour, sans douleur et sans confusion, à Celle qui devait être le Temple vivant du Dieu Il semble pourtant improbable que Maria Valtorta ait pu avoir connaissance de ces informations quand elle reçut cette vision.
1 Maria VALTORTA (1897-1961) a donné à l’Église des cahiers publiés sous le titre " L’Évangile tel qu’il m’a été révélé " (initialement Poème de l’Homme-Dieu). La publication en est autorisée à condition de préciser que c’est une œuvre littéraire de Maria Valtorta, et non un nouvel Évangile.
2 Evangelium de Nativitate sanctae Mariae,ouvrage qui aurait pu être composé par Séleucus au 2e siècle, et dont on possède un manuscrit daté du 5e siècle.
3 Voir Benoît XIV de Festis lIIc. IX n° 16. La date du 8 septembre fut officialisée au 7e siècle à Rome par Serge 1er, conformément à la tradition orientale attestée par un décret de l'empereur Maurice (582 - 602).
4 Par Baronius, le docteur Sepp et plusieurs autres éminents chercheurs (8 sept 733 de Rome)
5 Ce soir-là : altitude 34° 12' et magnitude -2,28 selon les logiciels d'astronomie.
6 Rapporté par Charland, Madame Saincte Anne, p 136.
7 Saint Jean Eudes, L'enfance admirable de la Très Sainte Mère de Dieu, 1676 chap. 15 p 217-218.
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