Le 20 février 1878, après un conclave qui n’aura duré que 36 heures, le cardinal Gioacchino Pecci fut élu pape et prit le nom de Léon XIII (1810-1903).
Or, « Le 13 octobre 1884 au matin, - rapporta un des secrétaires du Pape, le père Domenico Penchenino - le Souverain Pontife avait fini de célébrer la messe et en suivait une autre, offerte en action de grâce, comme il faisait d’habitude. Tout à coup, on l’a vu dresser énergiquement la tête, puis fixer intensément quelque chose au-dessus du célébrant. Il avait le regard fixe, les paupières comme figées, l’air à la fois atterré et émerveillé. Son teint avait changé de couleur, et les traits de son visage n’étaient plus les mêmes. Quelque chose d’étrange, de grand, lui était arrivé. Finalement, comme retrouvant ses esprits, d’un petit coup de main, mais énergiquement, il s’est levé et on l’a vu se diriger vers son bureau. Ses proches s’empressèrent de le suivre. Ils lui murmurèrent : “Saint-Père, ça ne va pas ? Vous avez besoin de quelque chose ?”. Il répondit : “Rien, rien”. Une demi-heure plus tard, il a fait appeler le secrétaire de la congrégation chargée des rites et, lui tendant une feuille de papier, a demandé de le faire imprimer et de l’envoyer à tous les évêques du monde. Que contenait ce papier ? La prière que nous récitons après avoir invoqué le Prince de la Milice Céleste, implorant Dieu qu’Il repousse Satan en enfer ».
La voici :
| Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre secours contre la méchanceté et les embûches du démon. Que Dieu lui commande, nous vous le demandons en suppliant ; et vous, Prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la puissance divine, Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde pour perdre nos âmes. Amen. |
La phrase : “Les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde pour la perte des âmes” a une explication historique, qui a été maintes fois reportée par son secrétaire particulier, Mgr Rinaldo Angeli : « Le pape a vraiment eu cette vision. Il a vu des esprits mauvais se masser au-dessus de la Ville Eternelle. De cette expérience est née la prière qu’il a voulu que toute l’Église récite. Et ce n’est pas tout. Il a écrit de sa main un exorcisme spécial, inscrit dans le Rituel romain. Il recommandait aux évêques et aux prêtres de réciter cette prière d’exorcisme dans leurs diocèses et paroisses. Et lui-même la récitait très souvent dans la journée ».
Cette prière fut ajoutée à la messe et demeura obligatoire jusqu’au 26 septembre 1964.
En 1987, Saint Jean Paul II, lors d’une visite au sanctuaire de l’Archange Saint Michel, au Mont Gargan, déclara : « Cette lutte contre le Démon, qui marque la figure de l’archange Michel, est aujourd’hui encore d’actualité, parce que le Démon est toujours vivant et agissant dans le monde. Dans cette lutte, l’archange Michel est aux côtés de l’Église pour la défendre contre toutes les iniquités du siècle, pour aider les chrétiens à résister au Démon qui rôde comme un lion rugissant cherchant qui dévorer ». En 1994, le Pape polonais évoqua cette prière en ces termes : « Même si aujourd’hui cette prière n’est plus récitée à la fin de la célébration eucharistique, j’invite tout un chacun à ne pas l’oublier, mais à la réciter pour obtenir de l’aide dans son combat contre les forces des ténèbres et contre l’esprit de ce monde ».
Le pape Benoît XVI, quant à lui, a voulu l'édification au Vatican d'une statue de Saint-Michel Archange victorieuse de Lucifer. Elle a été bénie par son successeur, le Pape François, le 5 Juillet 2013.
Le 29 septembre 2014, le Pape François a invité les fidèles « à réciter la prière antique et si belle à l’Archange Michel ».
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